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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
P’tite bonne femme deviendra grande
Dynamique et délurée, Charlotte Brédy sait ce qu’elle veut et n’a pas la langue dans sa poche. Cette « Drôle de p’tite bonne femme » s’affiche simultanément dans deux théâtres parisiens avec un premier one-woman-show plutôt divertissant.
La Petite Loge porte bien son nom. En effet, ce théâtre peut accueillir jusqu’à quinze personnes par représentation et ne dispose que d’un rideau rouge pour
délimiter la salle de la scène : « Si vous êtes assis et qu’autour de vous d’autres gens sont assis, alors vous êtes le public. Si, par contre, vous êtes debout et que vous respirez en ce moment une
poudre blanche, alors vous allez bientôt monter sur scène », s’amuse, en coulisses, la comédienne.
S’enchaîne alors une série de sept sketches, dans lesquels Charlotte Brédy campe, entre autres, une
maniaco-dépressive en plein ménage, une paysanne bourrue, une adolescente de treize ans follement amoureuse, ou encore une baby-sitter ayant les enfants en horreur.
Sous certains aspects, ces sketches peuvent laisser une impression tenace de déjà-vu. C’est le cas notamment avec « la Préfecture », où une employée martiniquaise outrageusement désinvolte paraît sortir tout droit de « l’Hôpital » des Inconnus, ou encore « le Baby-sitting », qui n’est pas sans rappeler « les Enfants » de Florence Foresti, à qui Charlotte Brédy emprunte d’ailleurs jusqu’au costume de scène, absolument identique. L’usage abusif de références à d’autres humoristes dessert la comédienne, qui a bien du mal ensuite à s’éloigner de son modèle et à intéresser de nouveau le spectateur, pour qui la chute est devenue prévisible.
Pourtant, Charlotte Brédy a toutes les armes nécessaires pour se hisser jusqu’à la cour des grands et nous le prouve à plusieurs reprises. Très observatrice, elle campe ses personnages avec beaucoup de justesse et d’humour, parfois corrosif. À titre d’exemple, l’employée de préfecture martiniquaise précitée congédie une femme probablement venue demander la nationalité française : « Vous êtes française, madame ? Eh bien, revenez quand vous le serez ! ».
Douée d’une vraie présence scénique, plutôt surprenante pour un premier spectacle, cette drôle de p’tite bonne femme capte déjà l’attention de son public qui ne demande qu’à la suivre. ¶
Johana Boudoux
Les Trois Coups
Drôle de p’tite bonne femme, de Charlotte Brédy
Mise en scène : Patrick Raynaud
Avec : Charlotte Brédy
La Petite Loge • 2, rue La Bruyère • 75009 Paris
Réservations : 01 42 82 13 13
Du 4 au 25 septembre 2008, tous les jeudis à 20 heures
14 €
Le Passage vers les étoiles • 17, cité Joly • 75011 Paris
Réservations : 01 43 38 83 45
Du 10 septembre au 12 novembre 2008, tous les mercredis à 19 h 30
10 €
Durée : 1 heure
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