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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 18:54

Vérité obscure

 

À la chapelle du Verbe-Incarné, le Studio-Théâtre de Stains propose « le Jeune Prince et la Vérité », de Jean-Claude Carrière. Un spectacle de marionnettes et de masques, où la danse prend un peu trop de place en regard de l’histoire.

 

Un jeune prince tombe amoureux de la fille d’un paysan. Mais celui-ci ne lui donnera la main de sa fille que si le prétendant trouve la Vérité. Commence alors un long voyage à travers le monde, et plus loin encore… Trouver la Vérité est l’ambition du jeune prince, mais c’est un bien grand projet ; si grand qu’il va se révéler impossible.

 

Dans ce spectacle, je ne vois pas vraiment ce qu’apportent les danses. Cela sonne comme un pur effet visuel, un divertissement gratuit, et cela nous sort de l’histoire. De même pour cet ajout de langage des signes, c’est un très beau symbole de la parole multiple, mais l’intérêt n’est pas évident non plus. Ce foisonnement d’idées additionnées contribue au ralentissement du rythme général de l’histoire et à la dispersion de notre attention.

 

Les marionnettes et les masques sont assez effrayants. Ce sont des caricatures de personnage. Ils illustrent une critique de la populace menteuse et égoïste, du juge incompétent, des restaurateurs arnaqueurs… Voici une vision très sombre de la société, peut-être même un peu trop pour les enfants. Non qu’il faille les protéger outre mesure, mais il n’est pas non plus besoin d’en faire des pessimistes. Le prince a perdu amour et jeunesse, que lui reste-t-il ? Cette fin, d’ailleurs, n’est pas très claire non plus. Le prince, repart-il sur les chemins du savoir ou entre-t-il pour toujours dans le miroir de Vérité ?

 

La scénographie est intéressante : des valises composent tout le décor. Elles sont un symbole de voyage, voyage à travers le monde à la découverte de la connaissance, cette quête de tout homme au terme de laquelle nul n’arrive.

 

Sur le plan de l’interprétation, la narratrice en fait un peu trop, à mes yeux. Elle a un petit côté clownesque, mais qui ne me convainc pas. En revanche, Pauline Delerue anime avec fluidité le jeune prince. Je regrette aussi que tous les manipulateurs n’aient pas une formation de marionnettiste.

 

En dépit de toutes ces réserves, le spectacle reste divertissant et tout à fait comique à de nombreux moments. 

 

Isabelle Desalos

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le Jeune Prince et la Vérité, de Jean-Claude Carrière

Studio-Théâtre de Stains • 19, rue Carnot • 93240 Stains

01 48 23 06 61 | 06 59 15 45 20

studio_theatre@yahoo.fr

http://studiotheatrestains.fr

Mise en scène : Marjorie Nakache

Avec : Pauline Delerue, Xavier Marcheschi, Sonja Mazouz, Marjorie Nakache et Béatrice Ramos

Décor et masques : Geneviève David

Costumes : Nadia Rémond

Conception marionnettes : Alexandra-Shiva Melis

Marionnettes : Pauline Delerue

Lumière : Lauriano de La Rosa

Son : Patricia Delasalle

Régisseur lumière : Hervé Janlin

Régisseur son : Wilfrid Connell

Technicien : Rachid Baha

Chapelle du Verbe-Incarné • 21, rue des Lices • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 14 07 49

Du 10 juillet au 2 août 2008 à 15 h 45

Durée : 1 h 10

14 € | 10 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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