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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 20:31

Récitation musicale inaboutie

 

Dans une belle salle emplie de spectateurs, Daniel Prévost raconte sa passion pour l’Espagne et pour Federico García Lorca. C’est un beau concept de spectacle, mais qui tourne malheureusement en une sorte de récitation à table sur fond musical ou une amorce de concert de musique espagnole.

 

Daniel Prévost, seul à prendre la parole sur scène et accompagné de deux musiciens excellents – Mohamed Beddiar, flûtiste et Karim Kaïssa, guitariste flamenco –, nous raconte, ou plutôt récite, l’histoire de sa passion pour l’Espagne, nous chante des chansons en espagnol et des poèmes de Lorca mis en musique. Ainsi, de beaux textes du poète alternent avec l’histoire personnelle et plutôt moins intéressante du comédien. En outre, Prévost ne cesse d’avoir recours à des moyens trop simplistes : dans le décor caricatural et stéréotypé, évoquant bien évidemment les couleurs de l’Espagne, l’acteur – habillé lui-même en pantalon noir et en chemise rouge… (comme si on n’avait pas compris : mais oui, le spectacle parle bien d’Espagne !) – tourne les pages d’un album photo et fait comme si les photographies qui y sont collées lui évoquaient des souvenirs de son Espagne imaginaire.


Dommage que ce spectacle prometteur n’arrive pas à se libérer des clichés et du jeu répétitif et ennuyeux, avec des images que le spectateur ne voit même pas ! Le comédien est seul à détenir le secret de sa création. Son spectateur sera ému par moments, mais ne pleurera point ; il sourira parfois, mais ne rira jamais aux éclats. Car cette création scénique manque cruellement de générosité envers le spectateur. L’émotion sur le point de naître, Prévost la garde précieusement pour lui et ne la partage pas avec le public.


La seule chose qui m’ait stupéfaite ce soir, c’est le nombre impressionnant de spectateurs. Comment se fait-il que le public soit capable de voir n’importe quel spectacle médiocre sous prétexte d’y rencontrer un artiste célèbre ? Peut-être parce qu’il s’agit de passer une soirée agréable et facile, où il ne faut pas trop réfléchir. Comme devant son écran de télévision. Est-ce donc en cela que consiste le rôle du spectacle vivant d’aujourd’hui ? 


Maja Saraczyńska

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Federico, l’Espagne et moi, de Daniel Prévost, pièce musicale inspirée par l’œuvre de Federico García Lorca

Mise en scène : Erling Prévost

Avec : Daniel Prévost

Assistante mise en scène : Myriam Allal

Lumière : Philippe Hatte

Décor : Sylvie Lesgourgues et Mika & Co

Musique originale et arrangements : Mohamed Beddiar

Guitare : Karim Kaïssa

Régie technique : Olivier Tiphon

Théâtre du Chien-qui-Fume • 75, rue des Teinturiers • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 85 25 87

Du 10 juillet au 2 août 2008 à 19 h 30

www.chienquifume.com

Durée : 1 h 15

20 € | 14 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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