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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 17:37

Merci, monsieur Armand !


Par Sarah del Pino

Les Trois Coups.com


Vous connaissez M. Armand ? M. Armand de Marseille, dit Garrincha, celui qui a cassé les deux bras de l’Araignée du Prado… ? Si ce n’est pas le cas, allez vite le découvrir : il nous dévoile un bout de son univers jusqu’au 2 août 2008 au Théâtre du Bourg-Neuf. Un petit moment de grâce et de tendresse.

L’œuvre est née d’un article du journal l’Équipe consacré à l’étoile du football brésilien des années 1950, Manoel dos Santos, surnommé Garrincha. Pour être exact, d’un paragraphe de cet article où il était dit que, quelques heures avant sa mort, le grand footballeur avait demandé à un ami de l’emmener jouer encore une fois, avec une camionnette comme quand ils étaient petits. Touché par cette histoire, l’acteur Éric Elmosnino demande à Serge Valletti de traduire ce qu’il y a « là-dedans » en un texte solo, qui voit le jour sous le titre de Monsieur Armand dit Garrincha.

En veste de sport, jogging et casquette blanche, M. Armand ne chausse plus les crampons. Il se contente de les cirer, accompagné de ses bouteilles de Fanta, de son mainate nommé Pelé… et de ses souvenirs. Car M. Armand, c’est celui qui a croisé la route de la légende du foot Manoel dos Santos, en 1955… C’est surtout un amoureux du jeu et de la vie, qui a gardé de l’enfance sa tendresse, son innocence et ses yeux écarquillés. Entre deux gorgées, M. Armand nous emmène à la rencontre de ses rêves de gosse, du dieu Garrincha et d’une foule de petites anecdotes savoureuses.

Serge Valletti nous livre un texte pétri d’humanité. Loin des spéculations financières et autres dont il peut faire l’objet, le football de M. Armand, c’est le jeu dans son acception première, essentielle. Le jeu comme terrain privilégié de l’enfance, de la joie gratuite, de la générosité. Il paraît que garrincha signifie « oiseau qui meurt lorsqu’il est enfermé dans une cage »… Tel un garrincha, donc, M. Armand virevolte allègrement entre ses souvenirs pour nous dévoiler un peu de son univers si joliment désuet, où l’on rêve devant le miroir des sports et où les 203 ont encore des flèches pour clignotants.

La mise en scène sobre de Jacques Tresse nous offre, particulièrement durant la seconde moitié de la pièce, des instants de poésie pure. Elle est admirablement servie par l’interprétation de Jacques Filippi, qui se coule dans la peau de M. Armand avec un naturel et une aisance extraordinaires. L’acteur compose un personnage drôle et diablement attachant. Il instaure avec le public une complicité qui, fait rare, ne laisse jamais transparaître le comédien. Au point que, lorsque au moment où les spectateurs se retirent, une tête curieuse apparaît entre les rideaux du fond de la scène, il nous prend l’envie de nous écrier : « Au revoir, M. Armand ! ». Et merci. 

Sarah del Pino


Monsieur Armand dit Garrincha, de Serge Valletti

Le Théâtre du Cèdre • 1, rue Monseigneur-Rigo • 20200 Bastia

04 95 32 45 72

theatreducedre@yahoo.fr

Mise en scène : Jacques Tresse

Avec : Jacques Filippi

Régie lumière : Christophe Delarue

Régie son : Frédéric Laügt

Théâtre du Bourg-Neuf • 5 bis, rue du Bourg-Neuf • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 85 17 90

Du 10 juillet au 2 août 2008 à 17 h 45

Durée : 1 h 15

14,5 € | 11 € | 5 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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commentaires

Philippe Caron 18/08/2008 12:14

D'accord pour la qualité du texte. En ce qui concerne l'acteur, il m'a semblé beaucoup trop amateur pour nous restituer le plus efficacement possible ce texte. J'attends d'entendre ce texte merveilleux dans la bouche d'un Olivier Saladin par exemple (ou d'un autre grand comique dans ce registre).

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