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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 00:56

Voyage initiatique au pays du soleil

 

C’est l’histoire d’un jeune homme « issu de l’immigration » – comme il est bon d’appeler cette catégorie de jeunes dont on ne sait pas quoi faire – qui est à la recherche de sa véritable identité, loin du communautarisme. Le récit, à une voix, fait vivre de multiples personnages et s’apparente au conte légendaire. Soufian el-Boubsi, l’auteur et le comédien, en est l’antihéros. C’est son parcours initiatique qu’il nous invite à suivre avec lui.

 

Bêta, c’est le nom du personnage, n’a peur de rien, car il ne comprend rien. Son père l’a définitivement classé parmi les idiots. Dans sa tête, le vide, le trou noir, le grand rien. Mais le problème, c’est que lorsqu’on n’a peur de rien, on ne respecte rien ni personne dans un monde où l’autorité est fondée sur la crainte et non l’admiration… Bêta est donc un jeune homme asocial, qui ne sait rien faire, à part démonter et remonter des Mobylettes… volées, bien entendu !

 

Son père le confie à un curieux chef religieux, dont le système pileux est celui d’un chrétien (tonsure) d’un juif (bouclettes) et d’un musulman (barbe). Les trois religions monothéistes semblent d’accord sur un point : « un bon croyant est un imbécile qui a peur ». Comme Bêta n’a pas peur, il pourra faire un bon soldat !

 

« Un monde presque parfait »

 

À partir de là, le comédien nous embarque dans un voyage imaginaire : on y rencontre un roi dont l’ambition est sans bornes. Malgré ses talonnettes (sic !), il ne se trouve pas encore assez grand. Il désire que Bêta aille défier le soleil et lui en rapporte un morceau. En échange, il lui promet qu’il connaîtra enfin la peur, donc l’intelligence.

 

Ce conte à tiroirs est l’occasion pour l’auteur de nous expliquer ce qui se passe dans la tête de quelqu’un qu’on a toujours traité de bon à rien : « Moi, je leur montre ce qu’ils ont envie de voir : une bête sauvage » dit-il au début de la pièce. C’est le bon vieux principe de Pygmalion… Au cours de ce voyage, par deux fois, Bêta sera remercié, donc reconnu et valorisé. Il connaîtra également l’amour… et (enfin !) la peur : celle de ne pas être aimé en retour. En cela, tous les êtres humains sont égaux. Mais aussi, dit-il, « chacun de nous est un soleil qui a perdu quelque chose ». L’arrachement originel de notre venue au monde ?

 

Le récit est mené tambour battant avec une énergie que le comédien pourrait peut-être économiser pour plus d’efficacité. Ses silences et ses pauses sont des instants d’intense d’émotion. On regrette qu’ils ne soient pas plus nombreux. Malgré ces réserves le spectacle mérite d’être vu pour la qualité et l’originalité de son écriture. 

 

Camille Vivante

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Un monde presque parfait, de Soufian el-Boubsi

Théâtre du public • 4, rue du Rœulx • 7190 Écaussines (Belgique)

+32(0) 478 39 40 60

www.theatredupublic.be

Mise en scène : Hamadi

Avec : Soufian el-Boubsi

Diffusion : Anne Beaujeant

Théâtre des Doms • 1 bis, rue des Escaliers-Sainte-Anne • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 14 07 99

Du 7 au 27 juillet 2008 à 18 h 30, relâche le 21 juillet

Durée : 1 h 20

14 € | 10 € | 6 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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