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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 00:31

L’amour à l’espagnole


Par Cédric Enjalbert

Les Trois Coups.com


Lieu un peu confidentiel ouvert sur une charmante cour ombragée, La Parenthèse s’ouvre tous les jours impairs jusqu’à la fin du Off 2008, côté salon, pour une plaisante variation autour des amours espagnoles mythiques. Voilà une agréable récréation littéraire que cette lecture menée à saut et à gambade par Louise Doutreligne, accompagnée en musique par Francesco Agnello.

De Don Juan à Carmen en passant par Faust, les lectures mises en scène sont autant de fragments de pièces rédigées ou traduites par Louise Doutreligne à l’issue d’un voyage ibérique, qu’elle a entrepris sur les traces des figures mythiques de l’amour espagnol. Conçu comme une introduction aux classiques méconnus, une remontée à l’origine de ces créations littéraires, le spectacle se garde cependant de tout didactisme. Il joue au contraire avec humour autour des thèmes de l’extase, de la sensualité, du péril amoureux, en somme.

La transition d’un texte vers un autre, réalisée avec la plus grande simplicité, est aisée et la brièveté des saynètes n’est en rien décevante. Peut-être le montage aurait-il seulement pu gagner à être linéaire, les textes se succédant, et non cyclique comme c’est le cas : la lecture part de la Teresada’, va jusqu’à la Casa de Bernada Lorca et régresse vers Teresada’ en passant par de nouveaux fragments des mêmes œuvres, dont Carmen la nouvelle ou Faust espagnol).

L’adaptation de Louise Doutreligne a néanmoins des qualités dramatiques propres à maintenir l’attention. Elle s’est employée, en effet, à enchâsser les classiques espagnols retraduits et parfois tronqués dans une intrigue secondaire, qui permet « d’amener » le texte, de faire le lien entre deux époques éloignées, celle de la rédaction et celle de la lecture. Elle invoque des « passeurs » de lecture, qui rejouent une scène, en évoquent une autre, se transmettent un volume, bref, présentent le texte, le découvrent. La musique de Francesco Agnello jouée sur un « hang » intensifie le rythme et participe de la dramatisation. Avec un ou deux autres instruments, il parvient en outre à créer une atmosphère exotique, qui vous transporte. La répétition des mêmes mélodies sur un même instrument finit toutefois par lasser, et ce qui participait de la tension dramatique tend à la monotonie.

Il reste que, la parenthèse fermée au terme de ce parcours amoureux conté, joué, mis en musique par ce duo complice, l’on en ressort heureux et léger. Interprété par un musicien hors du commun et une lectrice passionnée, ce spectacle à l’allure primesautière est comme une incitation à poursuivre la phrase littéraire et musicale désormais entamée. C’est heureux, car se joue en alternance tous les jours pairs, à la même heure, Désirs d’opéra/Cabaret lyrique

Cédric Enjalbert


Cabaret des séductions espagnoles, de Louise Doutreligne

Compagnie Influenscènes • 62, rue Roublot • 94120 Fontenay-sous-Bois

www.influenscenes.com

Interprétation : Louise Doutreligne

Accompagnement musical : Francesco Agnello

La Parenthèse • 18, rue des Études • 84000 Avignon

Réservations : 06 13 22 61 93

Du 17 juillet au 1er août 2008 à 16 h 30, jours impairs

Durée : 1 heure

12 € | 8 € | 4 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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