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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Une petite perle !
Le Théâtre des Amants propose tous les soirs « Aimer, c’est plus que vivre », une création d’Anthéa Sogno à partir de la correspondance entre Victor Hugo et sa maîtresse, Juliette Drouet. Hommage au célèbre auteur, mais aussi à cette femme, qui a tout abandonné (vie, carrière, pays), pour l’homme qu’elle aimait.
Rencontre, amour, désirs, mais aussi jalousies, exil, c’est l’histoire de ce couple mémorable, mais aussi de cette comédienne déchue qu’a été Mlle Juliette, salie par la critique et les ragots. En sa qualité de maîtresse publique, elle a dû subir ce que toutes les jalousies de Paris avaient engendré. Et pourtant, malgré les difficultés, toute sa vie, elle a aimé Victor et a été ce qu’on a si souvent appelé une muse. Toute sa vie, elle l’a protégé, au péril de sa propre vie.
Cette adaptation fine et enlevée, nous brosse un tableau aussi fidèle que possible de ce qu’était la relation du couple Hugo-Drouet. Les évènements y sont clairement racontés, et ce mélange de vie, de lettres et d’œuvre nous projette dans l’atmosphère intellectuelle et romantique des personnages. Destin de deux amants éperdus, qui sont parvenus au-delà de tous les obstacles à vivre ensemble.
La mise en scène est rythmée, dynamique, intelligente et pleine d’émotion. Trouver la largesse sans imposer la lourdeur était un pari difficile que Jacques Décombe surmonte parfaitement. L’identification se fait facilement, et l’on partage les rires et les peines des personnages. On en pleure encore à la sortie !
L’agencement scénique du Théâtre des Amants est très atypique : pas de coulisses, seulement une porte en haut d’un escalier et celle de la salle. Du coup, les comédiens sont en scène pendant la quasi-totalité de la pièce, qu’ils soient ensemble ou séparément. Ainsi, au détour d’une petite remarque tendre ou d’une crainte au vu des évènements, se crée une véritable complicité avec le spectateur.
Ce Victor me rappelle un peu le Coustouillu désemparé devant celle qu’il aime, de La main passe, joué cette année même au Théâtre Michel à Paris. Anthéa Sogno, qui y interprétait une émouvante et pétillante Mme Chanal, retrouve un peu de ce Feydeau à travers la débordante joie de vivre de Juliette. En tout cas, les deux comédiens sont d’une intensité et d’une vérité qui nous transportent du rire aux larmes pour notre plus grand plaisir. ¶
Isabelle Desalos
Les Trois Coups
Aimer, c’est plus que vivre ou le Roman épistolaire de 50 ans d’amour, d’Anthéa Sogno à partir de la correspondance de Victor Hugo et Juliette Drouet
Compagnie Anthéa-Sogno • 17, avenue de Solférino • 92500 Rueil-Malmaison
06 03 67 20 50
Mise en scène : Jacques Décombe
Avec : Anthéa Sogno et Sacha Pétronijevic
Décor : Isadora
Création costumes : Catherine Lainard
Création lumière : Aurélien Escuriol
Musique : Sylvain Meyniac
Régie : Émilie Lachevalier
Théâtre des Amants • 1, place du Grand-Paradis • 84000 Avignon
Réservations : 04 90 86 10 68 | 06 03 67 20 50
Du 10 juillet au 2 août 2008 à 20 h 15
Durée : 1 h 25
16 € | 11 €
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