Michel de Ghelderode,
auteur de génie trop peu connu !
Dans le lieu surprenant du théâtre Le Verbe fou, la compagnie Théâtre littéraire de la Clarencière nous présente deux pièces courtes et malheureusement trop peu connues de Michel de Ghelderode : « Trois acteurs, un drame » et « Vénus ». Par un jeu de mise en abyme, un rapport concret aux choses et un respect de l’esprit de l’auteur, Bernard Lefrancq parvient à nous faire redécouvrir un texte donné souvent pour trop intellectuel pour le grand public.
Trois acteurs, un drame, ce sont trois comédiens jouant une pièce minable d’un auteur-metteur en scène tout aussi minable, et qui se demandent s’ils vont monter en scène. Pour l’auteur, ils le feront, mais ce sera la dernière fois. Mais comment jouer lorsque réalité et fiction se mêlent ? Leur interprétation va se révéler plus grinçante que prévu. Quant à Vénus, il s’agit d’une jeune fille en quête d’identité qui se veut être Vénus. Mais son modèle est l’œuvre, si célèbre, de Milo, amputée des deux bras. Elle fera tout pour égaler, si ce n’est dépasser l’original ! Apparaissent aussi un scaphandrier à vie, un boucher cannibale, un manchot et un archéologue. À vous de faire le tri…
Cet enchaînement ingénieux fait profiter à la seconde pièce, Vénus des libertés esthétiques installées par la première.
Dans un décor improbable, composé d’un piano droit, de chaises de jardin, d’une réduction du chef-d’œuvre de Milo, de rideaux noirs remontés par des cordes blanches à pompons, se déploient ces deux pièces tout aussi improbables, fidèles au génie de Michel de Ghelderode. En outre, tout l’espace du théâtre, jusqu’aux toilettes, est exploité : nous apercevons à travers un miroir le début de la première pièce, ce qui donne un côté voyeur qui n’est pas pour déplaire à l’auteur.
Les costumes, non moins fous et clairement faits de bric et de broc, jouent sur les conventions théâtrales, mises en abyme, elles aussi. Les interprètes se présentent en comédiens démunis, interprétant un spectacle sans subvention aucune.
Les comédiens nous représentent parfaitement l’ambiance et les conséquence scéniques qu’il peut y avoir dans une troupe plus que lasse de jouer. Je garde toutefois une réserve sur l’interprétation de Régis Rossotto, qui manque de travail.
La compagnie Théâtre littéraire de la Clarencière avait pour objectif de nous faire redécouvir un grand auteur belge. C’est une réussite. ¶
Isabelle Desalos
Les Trois Coups
Trois acteurs, un drame et Vénus, de Michel de Ghelderode
Compagnie Théâtre littéraire de la Clarencière • 20 rue du Belvédère • 1050 Bruxelles
0032/2/640 46 70
Mise en scène : Bernard Lefrancq
Avec : Frédérique Panadero, Marc De Roy, Philippe Sassoye, Jean-François Brion, Régis Rossotto
Théâtre littéraire le Verbe fou • 95 rue des Infirmières • 84000 Avignon
Réservations : 04 90 85 29 90
Du 10 juillet au 2 août 2008 à 20 h 45, relâche le 21 juillet
Durée : 1 h
14 € | 10 €
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« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux “Trois Coups” ! Amicalement. » Gilles Costaz, critique dramatique à “Paris-Match”, “les Échos”, “Politis”, “le Magazine littéraire”, “l’Avant-scène Théâtre”…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez le théâtre et vous savez faire partager votre passion… » Marie-Céline Nivière et Dimitri Denorme, “Pariscope”, rubrique « Théâtre »
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