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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Homme au bord de la crise de nerfs
Vous ne connaissez pas tout votre Schopenhauer sur le bout des doigts ? Votre dernière leçon de philosophie remonte à longtemps ? Vous étiez malade le jour où votre professeur a abordé le pessimisme chez les philosophes occidentaux de l’époque moderne ? Ce n’est pas grave ! Norbert Saffar, en deux temps trois mouvements, vous explique de manière hilarante comment on peut vivre en appliquant ou en refusant les préceptes d’un philosophe, et du même coup vous le fait (re)découvrir.
Le personnage qu’il incarne est un homme de notre siècle, qui vit comme il peut avec ses peurs, ses désirs, ses petites et ses grandes lâchetés. Lorsqu’il est devant un problème, il se tourne vers son maître à penser de trois siècles plus vieux que lui. Schopenhauer a toujours une maxime prête à l’usage, comme « Le bonheur n’est pas définissable, car il ne se sent pas, seule la souffrance est réelle. Le bonheur est donc défini par l’absence de souffrance » ou « Se marier, c’est faire tout son possible pour se faire haïr par quelqu’un » ou encore « Le bonheur est toujours inférieur à notre attente, la souffrance est toujours supérieure à notre imagination ».
On suit donc cet homme à travers son quotidien. La une des journaux ne donne que des informations catastrophiques : guerres, épidémies, pollution. Son travail le rend à moitié fou. Il devient donc dépendant des calmants et autres antispasmodiques. Pour lui changer les idées, sa femme lui conseille d’aller faire un tour à la salle des ventes de Drouot. Là, le désir pour une splendide paire de nichons (sic) lui fait perdre la raison et monter les enchères pour se prouver qu’il domine le monde. Il se retrouve dans une impasse, face à sa propre folie. Son seul recours est alors Dieu…
Le rythme est soutenu, on rit beaucoup, on pense aussi beaucoup. Le pari de Norbert Saffar est tenu : le texte et le personnage qu’il a créés existent vraiment. Qui a dit que le bonheur n’existe pas, déjà ? ¶
Camille Vivante
Les Trois Coups
Schopenhauer et moi, de Norbert Saffar
En votre compagnie
06 09 41 73 82
Mise en scène : Michèle Harfaut
Avec : Norbert Saffar
La Luna • 1, rue Séverine • 84000 Avignon
Réservations : 04 90 86 96 28
Du 10 juillet au 2 août 2008 à 15 h 30
Durée : 1 h 10
15 € | 10 € | 8 €
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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