« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que
j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux Trois Coups !
Amicalement, »
Gilles COSTAZ, critique dramatique à Paris-Match, les Échos, Politis, le Magazine littéraire, l’Avant-scène Théâtre…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez
le théâtre et vous savez faire partager votre passion… »
Marie-Céline NIVIÈRE et Dimitri DENORME, Pariscope, rubrique « Théâtre »
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Un éprouvant moment de théâtre
C’est dans le cadre de la mise en scène d’une pièce du répertoire classique « Andrea Del Sarto », d’Alfred de Musset, que nous retrouvons la compagnie lyonnaise des Désaxés. Meurtre, duel à la rapière, âmes errantes au menu de cette pièce, où se croisent les destins. Une intrigue qui s’annonçait palpitante pour un rendu final long et inégal.
Peintre florentin de la Renaissance, Andrea Del Sarto découvre que Lucrèce, son épouse, source de son inspiration, s’est éprise d’un autre, Cordiani. De là, le peintre ruiné et bafoué dans son amour, sombre dans une déchéance destructrice. Une véritable descente aux enfers que vont subir les spectateurs durant près de deux heures.
Quelques originalités en matière d’interprétation, numéro de claquette de Cordiani, passages chantés par le fantôme de Grémio, médecin à tête d’oiseau, combat d’épées… Des personnages dont on ne comprend pas toujours le sens de l’apparition. On pense par exemple à l’inquiétant médecin, dont on suppose qu’il vient annoncer la peste à Andrea Del Sarto. Des personnages pourtant excessifs, incarnés par des comédiens convaincants dans leur jeu. Mais une énergie qui tend parfois hélas à l’hystérie.
Le dispositif scénographique, constitué de deux immenses toiles en référence aux peintures de la Renaissance, investit tout l’espace de jeu. L’incursion d’objets du quotidien tend à un rendu hétéroclite et inégal. Un mélange des genres qui brouille la compréhension de l’époque dans laquelle l’histoire se situe. Ainsi, l’utilisation de néons ou d’une guirlande lumineuse en fond de scène donne lieu à des alliances hasardeuses.
L’incursion de la vidéo, quant à elle, semble provenir de la volonté d’apporter une touche de modernité à cette pièce du répertoire classique. Or, l’usage un peu artificiel et pas toujours très heureux qui en est donné flirte parfois avec le ridicule : images faussement intimidantes, visages grimés, paysages verdoyants qui n’ont pas grand intérêt au regard de l’intrigue. On approche même parfois de la cacophonie sonore lorsque la bande-son de la vidéo parasite la musique jazz diffusée par un poste à musique.
Une pièce longue, où très vite l’ennui s’installe. Le rythme de l’intrigue est lui aussi très inégal. En effet, les deux premiers actes semblent démesurément longs. Une descente aux enfers qui n’en finit pas. Une pièce que l’on oublie pourtant très vite une fois sorti de la salle.
Andrea Del Sarto, ici adapté par la Compagnie des Désaxés, ne figurera certainement pas parmi les pièces les plus marquantes de ce Off 2008, si ce n’est par sa longueur et son inégale qualité. Cette adaptation donnera peut-être envie de lire la pièce afin de comprendre enfin ce qui s’y joue. ¶
Élise Ternat
Les Trois Coups
Andréa Del Sarto, d’Alfred de Musset
Compagnie Les Désaxés Théâtre • 28, rue de la République •69330 Meyzieu
04 78 04 20 62
Mise en scène : Lionel Armand
Avec : François Tantot, Anthony Liebault, Nathacha Picard, Séverine Anglada, Lionel Armand, Vincent Villemagne, Florian Bardet, Daniel Croze
Création lumière : Nicolas Combasson
Régie lumière : Damien Peray
Régie vidéo : Emmanuelle Cornut
Réalisation vidéo : Lionel Armand et Emmanuelle Cornut
Maître d’armes : Éric Chatanay
Costumes : Maribel Haillant
Masque : Franck Stadler
Construction décors : Pascal Pourrat et Jonathan Brunet
Communication : Véronique Sanchez
Fabrik Théâtre • 32, boulevard Limbert • 84000 Avignon
Réservations : 04 90 86 47 81
Du 10 juillet au 2 août 2008 à 19 h 45
Durée : 1 h 40
14 € | 9 € | 6 €
Il est toujours aisé de critiquer...une critique. Il est donc plus difficile de rester objectif... lorsque l'on n'est pas ok avec la critique !
Le jeu des acteurs, c'est vrai, c'est bien ! (objectif jusqu'au bout...j'aurais pu dire très bien). La vidéo ? Mon avis serait un parti pris, alors ce que je peux dire , c'est que j'en ai entendu à la sortie qui avait beaucoup aimé ! Je ne suis donc pas le seul !
Le mélange des genres? Bien sûr c'est troublant... mais cette histoire d'Andréa del Sarto , est une histoire de tous les jours, il suffit de lire les faits divers....c'est une histoire entre épée et pistolet ! Raphael et le jazz...hier et aujourd'hui !
Tous les goûts sont dans la nature et une vérité n'est pas la VERITE ....je n'ai pas oublié cette pièce dès la sortie et je l'ai même recommandée...
Je viens de lire votre critique et je n'en reviens pas. Certes, il faut respecter l'avis de chacun, mais pour ma part, ce que j'ai trouvé éprouvant c'est la violence de votre titre.
Andréa Del sarto fait partie des spectacle que j'ai préfére cette année. Là où vous ne voyez l'hystérie, je n'ai vu que l'expression exacerbée des sentiments. La passion amoureuse, la vraie, emporte tout sur son passage et peut conduire à des réactions extrêmes. On s'attache et le jour de la rupture tout s'effondre. Ceux qui l'on connue confirmeront.
J'ai adoré la scénographie, les couleurs, la pertinence de la vidéo. Et évidemment (mais vous l'avez souligné), le jeu des acteurs. Bref, une mise en scène osée sur un texte magnifique qui mérite d'être connu.
J'éspère que ma critique aura votre crédit et sera publiée.