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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 01:40

Au secours ! On a assassiné Racine

 

Une seule pièce de Racine est mise en scène cette année au Off d’Avignon et non des moindres : « Phèdre ». J’attends avec délectation l’entrée du public dans l’agréable carré aménagé de l’espace Alya. J’entre. Enfin ! Un long drap rouge tenu par deux danseurs cache la scène. Les spectateurs prennent place. Les premiers rires gras et faux des comédiens annoncent la couleur de la pièce. Le drap se soulève et le cauchemar commence… La nausée me saisissant, je n’ai pu supporter un tel carnage que le temps de trente minutes – néanmoins suffisantes – et je prie tout lecteur de cet article de m’en excuser.

 

Phèdre est rongée par l’amour incestueux qu’elle porte au fils de son époux, le roi Thésée, ce « fils de l’Amazone », cet Hippolyte intrépide et inflexible à l’amour. Pourtant, l’indomptable fléchit aux charmes d’Aricie, prisonnière de Thésée. Cet amour passionnel d’une belle-mère pour son beau-fils va ravager tout une famille jusqu’à la décimer.

 

On ne peut s’atteler à une tragédie en alexandrins sans un minimum de respect et de connaissance de ses fondements. Racine a travaillé cette forme, s’est appliqué à marier ses rimes avec prouesse, a recherché des consonances et des rythmes particuliers dans le but d’une esthétique et d’une poésie propres à la dramaturgie de Phèdre. Un texte de Racine est telle une partition musicale à déchiffrer, avec ses accélérations, ses enchaînements et ses silences. La barbarie avec laquelle la compagnie Miressance a massacré ses vers relève d’une absence évidente de travail sur le texte. Et comment le comprendre quand la rythmique et la construction, parfois complexe, de l’alexandrin ne sont pas respectées ?

 

Parti pris de modernisation me direz-vous ? Je pourrais l’admettre à contrecœur s’il servait l’action tout en conservant la poésie du texte, s’il lui apportait une note nouvelle. Mais la mise en scène on ne peut plus fossilisée évince cette théorie et met en évidence la faiblesse des comédiens.

 

Faiblesse aussi bien technique que corporelle : Myriam Dakhlaoui qui interprète Phèdre a une tendance irritante à partir dans les aigus à chaque moment d’émotion. Luc Févry, notre Hippolyte, quant à lui, mise tout sur le souffle pour montrer son accablement et, dans l’ensemble, le texte est souvent chanté. Par ailleurs, on sent les comédiens patauds. Ils dirigent maladroitement leur corps dans l’espace. D’où beaucoup de piétinements et de mouvements hésitants. Les gestes ne sont pas assumés alors que la tragédie aborde des passions extrêmes, insupportables aux personnages. En voulant les réduire à des passions quotidiennes, la metteuse en scène Élisabeth Chastagnier évoque un drame banal et rend cette tragédie dérisoire. Hippolyte devient un grincheux bodybuildé, Aricie la parodie de l’adolescente amoureuse qui glousse dans les bras de sa copine Ismène, Œnone une grand-mère qui gronde sa petite-fille d’avoir fait une bêtise et Phèdre une héroïne de film érotique… À cela s’ajoute un jeu tout en démonstration : démonstration de la souffrance, démonstration de la haine, démonstration de l’amour et, ce, par des grimaces explicatives, des gémissements et soupirs à répétition. Au lieu de rechercher la sincérité des sentiments, tous les mots sont joués si bien que, outre le côté répétitif, on finit par passer à côté du véritable sens du texte.

 

Seule la présence de trois danseurs professionnels paraît innovante. Présence malheureusement mal exploitée : tantôt trop explicative, tantôt trop en retrait, elle n’offre que redondance ou distanciation sans jamais s’unir ni servir la catharsis. On souffre de voir leur talent indéniable se mettre au service d’une mise en scène qui frôle l’amateurisme et se boursouffle d’autocomplaisance.

 

C’est alors que je pense aux spectateurs qui se sont fait avoir en payant 14 € pour assister à ce spectacle. Des spectateurs qui ne sont pas forcément familiers de la tragédie ou de l’alexandrin. Certains s’estimant incultes s’efforcent d’être admiratifs, d’autres n’iront plus voir de Racine. Ces gens sont des escrocs, et il est important de les dénoncer, sans quoi nous assisterions à la perte de notre héritage théâtral et culturel. 

 

Aïda Asgharzadeh

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Phèdre, de Jean Racine

La Compagnie Miressance • 17, impasse Chevreul • 69100 Villeurbanne

09 52 45 51 59

www.miressance.com

margot@miressance.com

Mise en scène : Élisabeth Chastagnier

Avec : Béatrice Vandevelde, Alisée Valantin-Casanova, Daniel Poinard, Myriam Dakhlaoui, Pierre Piquet, Ève Reinquin, Luc Févry, Éliane Cureau-Clavel, Thomas Magnet, Bruno Froment, Læticia Dumont

Danseurs : Ève Reinquin, Anthony Barge, Cindy Drouhard

Création son et lumière : Francis Faure

Musique : Serge Bodart

Costumes : Paul Guinet

Décors : Jacques Guillermin

Espace Alya • 31 bis, rue Guillaume-Puy • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 27 38 23

Du 10 juillet au 2 août 2008 à  20 h 15

Durée : 2 heures

14 € | 10 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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commentaires

Ducloz 03/01/2012 18:39

J'en rajouterai une couche en disant que tout cela ne me surprend pas. La Compagnie Miressance n'est qu'une petite compagnie amateur qui s'est autoproclamée "professionnelle".
Ayant été moi-même comédienne professionnelle il y a quelques années j'ai eu l'occasion de passer une audition pour eux.C'était vraiment accablant: une metteuse en scène qui ne donne aucune
indication si ce n'est des gestes stéréotypés à reproduire de façon plaquée, et effectivement aucune conscience de toute la technique qui est nécessaire à un comédien.Je suis partie en courant!Il
n'y a pas à rougir de faire du théâtre amateur, encore faut-il savoir raison garder et ne pas s'attaquer aux grands textes classiques pour les charcuter.

pauline 24/11/2011 14:04


Je suis rassurée en lisant ce commentaire trés vrai et qui vient en plus d'un professionnel! Découvrir phèdre dans ces conditions!Quelle horreur! Des "comédiens" qui parlent faux, qui surjouent
et en plus qui ne comprennent ce qu'ils jouent...Tous les comédiens sont dans leur univers et ne jouent pas ensemble, chacun d'entre eux est dans un rythme différent. Leur jeu ne parvient ni a
leur réplique sur scène, ni aux spectateurs dans la salle. Ce Phèdre est une insulte au théâtre et à Racine qui se retournerait dans sa tombe en voyant le rendu de son oeuvre et le non respect de
ses alexandrins.


 

La Compagnie Miressance 23/08/2008 13:59

Droit de réponse à l'article d'Aïda Asgharzadeh
Chère madame (messieurs dames ?)
Nous avons lu avec toute l’attention qu’il méritait votre article dont le titre : « Au secours ! On a assassiné Racine » résonne comme une accroche provocatrice (mais depuis le temps que ça lui arrive, gageons que celui-ci s’en remettra).
C’est beaucoup d’honneur que vous nous faites et beaucoup de pouvoir que vous nous prêtez de nous accuser d’avoir, à nous seuls, mis en péril « notre héritage théâtral et culturel ». D’autres – et non des moindres – s’y emploient mieux que nous et avec plus de succès ! Un survol rapide de la programmation du off montre à l’évidence qu’il faut un certain courage pour oser y monter Racine – ce dont vous nous rendez justice bien malgré vous en signalant que parmi les innombrables : « monologues du vacherin (ou du pénis, au choix) »,  « la belle, la blonde et la salope », et autres « faites l’amour avec un Belge » un seul Racine est monté.
Nous souhaitons en effet faire connaitre au plus grand nombre, à nos risques et périls, malgré la déculturation ambiante les grands textes classiques auxquels nous croyons, tâche dans laquelle vous ne nous aidez pas, quitte à contribuer de manière active à cette disparition de notre « patrimoine théâtral et culturel » que vous dénoncez par ailleurs.
Le public, lui, ne s’y trompe pas, pour aussi inculte que vous le preniez, et nombreux sont les spectateurs – que la brièveté de votre fugace et collective visite ne vous a pas permis de rencontrer, après les avoir dérangés par votre sortie intempestive en cours de représentation (respect, dites vous?) – qui prennent du plaisir à nos représentations et nous en remercient, quelquefois même de manière très émouvante.
Bien sûr, nous avons aussi à faire à quelques intégristes qui supportent mal une mise en scène qui ne soit pas sortie de la naphtaline où les esprits étroits ont placé les classiques.
Leurs arguments ressemblent aux vôtres qui procèdent plus de l’invective que de la compréhension actuelle de l’œuvre.
« Racine a travaillé cette forme, s’est appliqué à marier ses rimes avec prouesse, à rechercher des consonances et des rythmes particuliers dans le but d’une esthétique et d’une poésie propre à la dramaturgie de Phèdre. »
Cette phrase de votre article digne d’un Lagarde et Michard qui aurait été écrit au 19ème ne montre/ démontre rien : elle affirme !
Discutez !, débattez !, réfléchissez !, rencontrez les gens de terrain ! Faites du journalisme plutôt que de la dissertation d’élèves de terminale.
Ainsi d’Hippolyte qui passe son temps « à faire voler des chars sur le rivage » à pousser des cris dans la forêt (sans doute en chassant), qui s’attaque « aux monstres aux écailles jaunissantes » on pourrait s’attendre à ce qu’il ne fût ni chétif ni malingre. Le traiter de body-builder révèle de votre part, outre une méconnaissance du texte, également une intention perverse et rampante comme si sacrifiant à l’idée répandue dans la beaufferie universelle, vous insinuiez que la taille du cerveau varierait en proportion inverse de celle des muscles.
Comment peut on affirmer d’une part que « le texte de Racine est telle (sic) une partition musicale » et se plaindre que le texte soit chanté.
Comment ne pas vous pardonner d’avoir vu une grand mère dans Oenone quand Racine nous en donne lui-même les pistes « Songez vous qu’en naissant mes bras vous ont reçue » : elle est donc plus vieille que Phèdre, « mon pays, mes enfants, pour vous j’ai tout quitté », « votre vie est pour moi d’un prix à qui tout cède » : Phèdre est donc sa seule famille…  Seule une écoute attentive du texte que ne vous a sans doute pas permis votre rapide visite aurait pu vous détromper.
Comment tenter de vous expliquer que la tirade où Phèdre dit à Hippolyte quel aurait été son désir d’avoir remplacé Ariane dans le labyrinthe du Minotaure nous apparait clairement comme une métaphore de son désir charnel d’Hippolyte, pivot du personnage (1).
                « C’est moi prince, c’est moi dont l’ultime secours
                Vous eût du labyrinthe enseigné les détours
                (…)
                Et Phèdre, au labyrinthe avec vous descendue
                Se serait avec vous retrouvée ou perdue »
Enfin et surtout, ce n’est un secret pour personne, le classique jouit d’une image plutôt négative auprès d’une partie importante des spectateurs et des plus jeunes en particulier. Pour y pallier, nous souhaitons présenter des mises en scène où le spectateur ne s’ennuie pas, ou les vers soient écoutés, quitte à bousculer un peu, dans le respect absolu du texte, la déclamation dont nous vous souhaitons de n’être pas un des derniers chantres attardés.
L’intérêt des spectateurs et notre expérience auprès des scolaires nous confirme dans cette voie.
Nous sommes fiers de notre spectacle, nous sommes fiers de notre mise en scène, nous sommes fiers de notre démarche et votre appel au boycott, car c’est bien de cela qu’il s’agit, dont la seule motivation n’a raisonnablement pût être que de « pisser de la copie » est un geste lourd dont nous souhaitons également pour vous que vous n’ayez pas clairement mesuré les conséquences pour une jeune compagnie comme la nôtre.
Quant à votre accusation injurieuse et diffamante d’escroquerie, émanant de gens qui ne payent pas leur entrée elle nous apparait éminemment risible et nous laissons le lecteur seul juger de quel bord, entre vous et nous, elle se situe, sans préjuger évidemment des actions juridiques que nous pourrions être amenés à engager.
 
Pour la Cie Miressance : Elisabeth Chastagnier, Francis Faure
 
 
 
 
 
(1)             « A peine plus âgée qu’Hippolyte, elle éprouve une passion scandaleuse charnelle et obsessionnelle qui la plonge dans une mélancolie érotique » in Petits classiques Larousse

LES TROIS COUPS 25/08/2008 23:03



Madame, Monsieur,


Force est de constater que vous n’acceptez que les critiques élogieuses et ce débat n’aurait pas lieu si la mienne l’avait été. Or le travail de critique est un travail de jugement
– inévitablement personnel – argumenté, qui peut être positif tout comme négatif. En aucun cas la mienne ne souhaitait vous insulter. Je sais combien la survie des petites compagnies
est en péril actuellement et comme vous avez pu le constater si vous avez un tant soit peu suivi mon travail au sein des « Trois Coups » durant Avignon 2008, je soutiens activement
bon nombre d’entre elles. Il n’est pas question ici de parler des « Monologues du pénis », des « la Blonde, la Belle et la Salope » ou autres, spectacles auxquels je n’accorde
aucun intérêt et auxquels je ne me rends pas.


J’ai effectivement souligné qu’un seul Racine a vu le jour cette année au Off. Entreprise courageuse qui m’a donné l’envie de vous découvrir. Courageuse, car nous savons tous combien la tragédie
est difficile à mettre en scène et délicate à interpréter. Et ce n’est sans doute pas un hasard si trop peu de troupes s’y attèlent de nos jours.


Par contre, je trouve indécent et déplacé de modifier mes mots, c’est pourquoi je tiens à faire quelques rectifications à votre commentaire.


Tout d’abord, je ne vous accuse pas « à vous seuls » de mettre en péril notre héritage théâtral et culturel. Je vous l’accorde, ce serait beaucoup d’honneur que je vous ferais et
beaucoup de pouvoir que je vous prêterais. Je dis simplement que vous y participez. Le public n’est pas dupe, il sait à quoi s’attendre face aux « Monologues du pénis », mais il
s’attend aussi à voir du Racine quand il va voir « Phèdre ».


Ensuite, je n’ai jamais considéré le public comme inculte. Ne vous trompez pas, je ne m’estime pas plus ou moins intelligente que le public, j’en fais partie. C’est avec plaisir que je vais au
théâtre, comme toute autre personne. La représentation plaît ou déplaît, on ne peut forcer le ressenti et le sensible. Quand le déplaisir devient insoutenable, je préfère quitter la salle, ce que
j’ai effectivement fait durant votre représentation, c’est pourquoi j’ai cru bon de le préciser dans mon article. Vous avez sans doute remarqué que je ne suis pas la seule à avoir eu cet élan.
J’ai attendu un moment adéquat, un noir, pour ne pas couper les comédiens et par respect (oui) pour la salle (aussi bien le plateau que le public) bien que l’envie de partir m’ait pris bien plus
tôt.


Si certains spectateurs prennent goût et plaisir à vos représentations, je ne les respecte pas moins. À chacun sa liberté et sa faculté de jugement. Un avis ne peut être universel, et
heureusement que nous trouvons des désaccords. Je ne fais que transmettre mon point de vue et suis heureuse que vous échangez des moments chaleureux avec un public admiratif.


Vous dites : « Bien sûr, nous avons aussi à faire à quelques intégristes qui supportent mal une mise en scène qui ne soit pas sortie de la naphtaline où les esprits étroits ont placé
les classiques. » Je suis d’accord avec vous, certains prônent le classique pur et dur et ne supportent pas de rendre nos Molière, Racine… contemporains. Ce n’est pas mon cas, et j’ai
beaucoup apprécié, par exemple, l’« Andromaque » de François Bourcier, dont l’Hermione est cocaïnomane et se masturbe sur scène. Cela est cohérent avec sa mise en scène et son parti
pris.


Quant à ma description de votre Hippolyte, de votre Œnone ou de votre Phèdre, laissez-moi vous rappeler la mise en scène de Patrice Chéreau, qui aurait été un très beau matériau de travail pour
vos comédiens. Trouvez-vous qu’Éric Ruf manque de charisme ou d’esthétique corporelle ? Pensez-vous sincèrement qu’Œnone n’est rien de plus qu’une grand-mère bienveillante ? Ne
voyez-vous pas la distinction entre érotisme et pornographie, surtout dans une scénographie classique ? Il n’est pas nécessaire de me citer le texte, ni mettre ma dite ignorance sur le fait
que j’ai quitté la représentation en cours. Je ne venais pas découvrir « Phèdre » et, que vous le croyez ou non, j’ai une passion et une connaissance de Racine assez développée.


Vous dites aussi : « Enfin et surtout […] le classique jouit d’une image plutôt négative auprès d’une partie importante des spectateurs. Pour y pallier, nous souhaitons présenter
des mises en scène où le spectateur ne s’ennuie pas, où les vers soient écoutés, quitte à bousculer un peu, dans le respect absolu du texte, la déclamation dont nous vous souhaitons de n’être pas
un des derniers chantres attardés. » Cela justifie-t-il de mal prononcer les alexandrins ? La découpe de l’alexandrin est un simple travail de base et de mémoire qui ne nécessite pas un
effort colossal. Quant au terme de « chanté », vous qui êtes du milieu, vous devez connaître la connotation négative de cette appréciation, et savoir qu’un texte chanté est un texte
déclamé avec des variations automatiques, sans ressenti. Cela ne veut nullement dire que le texte est rendu avec poésie !


Vous dites encore : « Quant à votre accusation injurieuse et diffamante d’escroquerie, émanant de gens qui ne payent pas leur entrée… ». Je pensais aux spectateurs qui ont payé la
leur. Il est de coutume de ne pas faire payer leur entrée aux journalistes. Il est cependant stipulé que les compagnies sont libres de demander une participation à tarif réduit ou non aux
professionnels. Vous n’avez d’ailleurs pas demandé que je paie ma place. Néanmoins, je me fais un plaisir de la régler quand je n’assiste pas à une représentation dans le cadre de mon travail.
Insinuez-vous qu’ayant assisté à titre gracieux à votre spectacle je me devais de l’apprécier ?


Enfin, je ne m’attarderai pas plus sur les propos presque insultants que vous tenez à mon égard : « Vous insinuez que la taille du cerveau varierait en proportion inverse de celle des
muscles. » « Discutez !, débattez !, réfléchissez ! », « la déclamation dont nous vous souhaitons de n’être pas un des derniers chantres attardés »… Je
vous demande simplement d’avoir l’honnêteté de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit.


Il est évident que nous pourrions entrer dans un débat sans fin et enfantin, ce que je vous propose d’éviter, votre commentaire ayant vu le jour à votre demande.


Cordialement,


Aïda Asgharzadeh



Stéphanie 31/07/2008 19:02

Je suis aussi surprise de cette critique, j'ai vu Phèdre au début du festival 2008 avec mon mari qui préfère regarder un match de foot à la télé plutot que d'aller voir une pièce de théâtre alors du classique imaginer comme j'ai dû insister. A la fin de la représentation il ne voulait plus quitter la salle, il m'a avouer qu'il aurait aimer continuer à partager la magie de l'atmosphère de cette pièce.Nous n'avons pas vu passer les 2h de spectacle.Contrairement à vous je tire un grand coup de chapeu à cette troupe et surtout au travail de mise en scène car les statues sont impressionnantes.J'ai aimé le jeu de tous les acteurs avec un léger bémol pour le roi.BRAVO A TOUS

michelaise 21/07/2008 08:51

Ce Phèdre, c'est l'an dernier que je l'ai vu... et beaucoup aimé... Je suis donc très surprise par votre critique... Les acteurs auraient-ils changé ? Ou simplement, avons des goûts tellement différents ? J'aime, comme vous, terriblement le théâtre classique et j'ai trouvé mon compte dans cette mise en scène... Par curiosité je suis allée chercher ce que j'avais noté dans mon blog à ce sujet l'an dernier, et je le livre ci-dessous :" Attention pièce à haut risque : bien sûr on adore Racine, et Phèdre... mais voilà, il arrive qu'on dorme à Phèdre... C'est beau les alexandrins, superbe même, mais bon, la nature humaine est ainsi faite, ça berce... Et puis les tourments moraux qui agitent Racine nous sont un peu étrangers, enfin un peu lointain... Et si on dort à Phèdre, c'est la honte, on passe pour un inculte, un ignare, un pignouf. Ben voilà, on n'a pas dormi, pas du tout... C'était impeccable, la mise en scène était classique, mais inventive, sans excès, sans affèterie, c'était vivant et respectueux des vers. Si Hypolithe n'était pas terrible, la nourrice était vraiment remarquable, elle ajoutait au texte une dimension personnelle, sans le dénaturer. C'était vraiment un ensemble réussi, mais quelle garce cette Phédre, on l'avait oublié (ou mal compris ?)"Je n'ai pas retrouvé le nom des acteurs de l'an dernier, mais je suis certaine qu'il s'agit de la même mise en scène. Allez savoir, des goûts et des couleurs (ici rouge et or !!!)

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