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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 00:42

« De la musique
avant toute chose »


Par Cédric Enjalbert

Les Trois Coups.com


Il est de ces plaisirs que l’on se refuse à satisfaire, des plaisirs sur lesquels pèse un intangible interdit. La poésie en est, elle qui des sept péchés en revendique au moins trois : luxure, gourmandise et paresse. Si vous n’êtes pas de ceux qui dédaignent de vains et divins divertissements, rendez-vous au Chêne noir, à onze heures. Ordre et beauté, luxe, calme et volupté, tout y est.

Sur scène, un piano, un violoncelle et un poète. Le poète a pour nom Verlaine, et l’on ne sait trop qui donne le rythme, de la voix ou des cordes. Car il est un peu instrument, le poète. Et Erwan Daouphars, son interprète, en joue comme on joue du luth. Il lui fait rendre les plus beaux sons et va même jusqu’à donner un baiser, un baiser à sa pianiste, sa muse, la femme aimée de Verlaine, Mathilde Mauté alias Mara Dobresco. Parce que les musiciens sont, eux aussi, un peu acteurs. Ainsi, les mots-mélodies de Verlaine, la Bonne Chanson, sa Romance sans parole, riment avec harmonie sur la musique de Fauré, Hahn ou Debussy.

Un jeu de lumières joliment orchestré et parfaitement adapté à la belle scène du Théâtre du Chêne-Noir complète une atmosphère romantique ménagée avec soin, tantôt sombre et agitée, tantôt voluptueuse et frivole. Des vitraux bleus tachés de jaune se dessinent ainsi sur le fond de cette ancienne chapelle. Façon peut-être d’évoquer le mysticisme du poète et de symboliser, par un tableau impressionniste fait de lumières froides et chaudes, sa nature contradictoire, un tempérament saturnien auquel se mêlent des élans chaleureux et sensuels.

Quelques déplacements, la projection de tableaux changeants achèvent d’animer la parole poétique ici mise en scène. Et le trio d’artistes parvient avec élégance et finesse, avec légèreté et souplesse aussi, à donner chair et vie à la musique de Verlaine. « De la musique encore et toujours ! », oui, « De la musique avant toute chose »… 

Cédric Enjalbert


Colloque sentimental, d’après l’œuvre poétique de Paul Verlaine et les compositions de Claude Debussy, Gabriel Fauré et Reynaldo Hahn

Compagnie Querelle • 52, rue des Abbesses • 75018 Paris

Mise en scène : Quentin Baillot

Comédien : Erwan Daouphars

Violoncelle : Vincent Malgrange

Piano : Mara Dobresco

Habillage vidéo : Pierre-Yves Diez

Théâtre du Chêne-Noir • 8 bis, rue Sainte-Catherine • 84000 Avignon

Du 5 au 27 juillet 2008 à 11 heures

Réservations : 04 90 82 40 57

www.chenenoir.fr

Durée : 1 h 10

20 € | 14 € | 8 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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