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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 11:19

C’est si bon, d’aimer !


Par Olivier Pansieri

Les Trois Coups.com


Comme chaque année, les Pays de la Loire investissent le Grenier à sel. C’est là que la troupe Pirate présente « les Amoureux » de Goldoni, dans une mise en scène électrique de Jean-François Le Garrec. Décor de plage des années soixante pour ces fiançailles à l’italienne, que les intéressés n’en finissent pas de rompre. Éclats, remords et crises de nerfs par une troupe qui fonce. Chavirant.

 

Eugenia est une inquiète doublée d’une jalouse, Fulgenzio un orgueilleux doublé d’un impulsif. Pour leur entourage, leur sincérité ne fait aucun doute : ils se marieront et formeront le couple le plus uni qu’on ait jamais vu. Pour eux-mêmes, c’est une autre histoire : celle de cette œuvre insolite où le seul obstacle à l’amour est la haute idée qu’en ont ces amoureux épris d’absolu.

 

Une sœur excédée (Flaminia), un ami fidèle (Ridolpho), un oncle farfelu (Fabrizzio) et un rival improbable, le Comte, complètent cette galerie de portraits joyeusement brossés par un Goldoni en pleine forme.

 

La pièce est fondée sur le comique de répétition. On retrouvera donc fréquemment l’horripilante Eugenia (Hélène Marchand) vautrée par terre attendant la mort, sa sœur Flaminia (Claudine Charreyre) prête à la piler ! Autre tandem redondant : l’oncle (Yann Garnier) commandant à sa servante (Anne-Lise Redais) des repas somptueux, oubliant qu’il n’a plus un liard même pour la payer.

 

 

Il y a aussi l’ami bafouilleur (Mickaël Freslon) tâchant de raisonner le bouillant Fulgenzio (Geoffroy Pouchot-Rouge-Blanc), puis de comploter à son bonheur avec la grande sœur stoïque. Sans oublier la belle-sœur et le Comte (Jonathan Couzinie), images de la prospérité qui reviennent comme des fantômes.

 

Un mot sur la traduction, excellente, de Marie Capocchiani et de Jean-François Le Garrec lui-même, qui donne à la pièce un ton très actuel. Disons qu’on est autant au théâtre qu’au cinéma : celui de la Nouvelle Vague, mais aussi d’œuvres plus récentes. J’ai pensé à Versailles rive gauche ou à Un été sans histoire, pour ceux à qui ça dirait quelque chose.

 

Décor et costumes pimpants d’Anne Lavedan, qui confirment l’impression de netteté gentiment narquoise dans laquelle baigne tout le spectacle. Jean-François Le Garrec a eu l’œil à tout sans que cela se voie. Il a su notamment insuffler à toute sa troupe ce vent de folie douce, cette gaucherie émue qui touche parce qu’elle est vraie.

 

On sourit malgré soi, on rit, la larme à l’œil. Que ses acteurs en soient loués. Ils sont tous d’une justesse, d’un toupet, d’une générosité extraordinaires. On ressort de là sur un petit nuage, la tête pleine de jolies pensées. C’est si bon, d’aimer ! 

 

Olivier Pansieri


Les Amoureux, de Carlo Goldoni

La Compagnie Pirate

compagnie.pirate@wanadoo.fr

Texte français : Marie Capocchiani et Jean-François Le Garrec

Mise en scène : Jean-François Le Garrec

Avec : Claudine Charreyre, Hélène Marchand, Anne-Lise Redais, Jonathan Couzinie, Mickaël Freslon, Yann Garnier,
Geoffroy Pouchot-Rouge-Blanc

Décor : Anne Lavedan et Jean-François Le Garrec, d’après l’œuvre d’Étienne Bossu

Assistante à la mise en scène : Anne-Lise Redais

Costumes : Anne Lavedan

Chef costumière : Émilie Baillot

Bande-son : Simon Jouin

Lumières : Mathilde Foltier-Gueydan

Chargée de production : Pauline Sarrazin

Production Pirate | scène nationale de la Roche-sur-Yon, le Grand R, la ville de La Roche-sur-Yon, la région Pays-de-Loire, la D.R.A.C. des Pays de Loire

Grenier à sel • 2, rue du Rempart-Saint-Lazare • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 27 09 11

Du 10 au 20 juillet 2008 à 22 h 15

Durée : 1 h 30

13 € | 9 €

Crédit photo : photo de répétition Gérard Llabrès

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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commentaires

michelaise 17/07/2008 16:28

Oui, oui et oui !! et c'est si bon de rire, à bon escient, devant une interprétation juste et enlevée... Les exagérations du texte de Goldoni, les redondances et répétitions de gags, les situations cocasses et les demesures du propos, tout cela est gai, vif, joyeux et bien troussé. On se fait plaisir, la mise en scène est bien rythmée, et même le jeu totalement surjoué de l'oncle est bienvenu. Un pur moment de plaisir, surtout à cette heure tardive, quand on en a plein les pattes et la tête de théâtre sérieux !

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