La sauce prend !
« La Fin des haricots ? » tranche avec le reste de la programmation du petit théâtre de la Bourse du travail CGT. Parmi une majorité de concerts, la compagnie La Sauce aux clowns nous propose un spectacle engagé à voir en famille. Elle aborde le sujet des OGM sur le mode de l’absurde, avec un résultat drôle et attachant.
Trois idées sont à la base de ce projet : dénoncer les OGM, traiter du sujet de manière humoristique et agrémenter le spectacle de morceaux
joués au tuba. Nous suivons alors les aventures de trois personnages clownesques qui se battent pour conserver le dernier haricot non transgénique. Une gigantesque course-poursuite qui passe
par la lune et se termine au paradis.
Certes, on peut regretter que, sous prétexte de s’adresser aux enfants, l’argumentation se contente de quelques phrases un peu simplistes. La seule réplique qui critique ouvertement les OGM se résume à « les OGM, c’est très dangereux parce que ça va rendre en esclavage tous les agriculteurs ! ». L’engagement politique de la compagnie apparaît alors comme un simple prétexte à l’élaboration de l’histoire. Nos charmants clowns ne parviennent à convaincre personne et surtout pas les enfants à qui on n’explique même pas ce que sont les OGM !
Les personnages sont, eux, très efficaces. Pierre Azaïs nous joue un attendrissant scientifique anglais qui s’émerveille de tout et voit le bien partout. Son précieux acolyte est un Français plein de bonne volonté mais bien maladroit ! Ivan Ferré en fait un clown charmant et très efficace. Enfin, à la manière des dessins animés de Tex Avery, Éric Craviatto est hilarant dans son rôle de méchant Chilien au service de M. Monopole. Les trois comédiens sont de très bons clowns. D’ailleurs, petits et grands rient bien volontiers à leurs pitreries malgré quelques problèmes ponctuels de rythme.
La Fin des haricots ? est aussi un spectacle pédagogique. Tout d’abord, il sensibilise les enfants à l’anglais et à l’espagnol. En effet, chaque personnage parle sa langue, et l’acolyte se charge de faire l’interprète. En plus, les comédiens, qui sont aussi musiciens, sensibilisent les enfants au tuba. Ces instruments constituent indéniablement la force du spectacle. Un silence religieux s’installe dans la salle dès que le trio se met à jouer. Tous les spectateurs sont fascinés par la beauté et la puissance de ces instruments. Je me souviens à ce propos d’une très belle scène de course-poursuite, que les tubas ponctuent avec intelligence et pertinence. On regrette alors qu’ils ne soient pas plus intégrés à la mise en scène puisque leur présence n’est finalement jamais justifiée dans l’histoire. Ils apparaissent alors comme un accessoire gratuit. C’est dommage, car leur utilisation reste une très bonne idée !
Mais malgré ces quelques critiques, on passe un moment très agréable en compagnie de La Sauce aux clowns. ¶
Bianca Guitton
Les Trois Coups
La Fin des haricots ?, de La Sauce aux clowns
Compagnie La Sauce aux clowns • 25, avenue du Blanchissage • Avignon
04 90 82 01 48 | Ivan Ferré : 06 14 25 11 07
http://lasauceauxclowns.free.fr
Mise en scène : Ivan Ferré et Anne Rousseau
Avec : Ivan Ferré, Pierre Azaïs, Éric Craviatto
Conseils artistiques : Véronique Bourdon
Théâtre de la Bourse-du-Travail CGT • 8, rue campagne • Avignon
Réservations : 06 33 83 44 42
Du 10 juillet 2008 au 2 août 2008 à 14 heures
Durée : 50 min
10 € | 7 € | 7 €
« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux “Trois Coups” ! Amicalement. » Gilles Costaz, critique dramatique à “Paris-Match”, “les Échos”, “Politis”, “le Magazine littéraire”, “l’Avant-scène Théâtre”…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez le théâtre et vous savez faire partager votre passion… » Marie-Céline Nivière et Dimitri Denorme, “Pariscope”, rubrique « Théâtre »
« “Les Trois Coups”, c’est une pépinière de critiques. Ils sont acteurs, étudiants […], tous raides amoureux de théâtre. Une quarantaine à aller au théâtre et à écrire sur les spectacles. » Jean-Pierre Thibaudat, “Rue 89”, blog “Balagan”
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