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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 13:38

Savoureux délire au pays des fées

 

Les Caramels fous nous convient pour quelques heures au pays des braguettes magiques, dans un spectacle qui offre une parenthèse au quotidien follement déjantée. Ne boudons pas notre plaisir.

 

Esprits sérieux, passez votre chemin ! Le spectacle enchanté auquel nous convient une fois de plus Les Caramels fous est une variation déjantée sur les contes de notre enfance, mais en beaucoup plus gay. Les puristes diront à juste titre que ces contes s’adressent à des prépubères idéalistes, édulcorés qu’ils sont de tous leurs ressorts inquiétants et étranges. Ils se gausseront de cette belle histoire naïve d’un prince Henri maudit par Carabosse, chaperonné par trois fées maladroites et transformé en Henriette…

 

Si le propos est un tantinet militant – des questions de genre au combat politique pour l’égalité des droits au mariage –, l’essentiel n’est vraiment pas là. Les Caramels revisitent la Belle au bois dormant, le Chaperon rouge, Pierrot, la Belle et la Bête avec liberté et malice, en brouillant à dessein les contours des contes. Ils convoquent des compositeurs allant de Verdi à Trenet en passant par l’incontournable Mylène Farmer, qu’ils pastichent avec des sous-entendus à la pelle, parfois un peu appuyés. Ils nous ravissent par le foisonnement et la beauté des costumes, le souci du détail et le soin des chorégraphies.

 

 

Si la narration part parfois en vrille, traversée de digressions, c’en est d’autant plus jubilatoire : le Chaperon veut tirer (au fusil) le loup dont elle n’a plus peur, Pierrot s’encanaille dans les fourrés remplis d’épines où l’ambassadeur de France nous initie à l’art coquin du bilboquet (une histoire de trou qui n’est pas atteint à tous les coups)…

 

Dans la Bête, les personnages les plus attachants demeurent les seconds rôles. Ainsi, une fée Carabosse aigrie d’un grand amour déçu, que s’est réservée Michel Heim, l’auteur du spectacle. De même, un messager royal bègue et effarouché remplit sa mission au péril de son vit. Comme des « glups », sorte de farfadets irrévérencieux, lutinent des garçons dans les buissons avant de livrer la leçon de l’histoire… À côté des bellâtres qui tiennent les rôles très convenus d’Henri et Henriette, ils donnent au spectacle une épaisseur, un ancrage et, surtout, une touche d’impertinence à un divertissement par ailleurs très réussi. 

 

Olivier Pradel

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


La Bête au bois dormant, de Michel Heim

Mise en scène : Nadine Féty, Michel Heim, Jean-Pierre Rouvellat

Avec : Laury André (un courtisan, un glups), Vincent Baillet (le prince Henri), Philippe Bernard (le fou du roi), Giovanni Cabiddu (le Chaperon rouge, un courtisan), Christophe Camuset (un courtisan), Luc Carpentier (la fée Rose), Olivier Champeroux (un courtisan, un glups), Achille Coatanhay (Merlin), Jérôme Cuvilliez (Pierrot, un courtisan), Jean-Marc Daniel (la fée Jaune), Jean-François Dewulf (la fée Bleue), François Dussillol-Godar (un courtisan, un glups), Marc Frémondière (un courtisan, un glups), Jean-Paul Gaudfroy (le précepteur, un courtisan), Jérôme Guérin (un courtisan), Lionel Guérin (un garde), Michel Heim (Carabosse), Régis Herbuveaux (un courtisan), Yvon Huiban (un sbire de Carabosse), Franck Isoart (le messager du roi, un courtisan), Laurent Lapeyre (un sbire de Carabosse), Dominique Le Pogam (un garde), Fabrice Meillier (un courtisan), Olivier Ménestrier (un garde), Vincent Merval (Henriette), Michel Petit (un courtisan, un glups), Laurent Plessi (le roi), Thierry Quessada (l’ambassadeur de France, un garde), Jacques Rosé (un courtisan)

Chorégraphies : Nadine Féty

Direction musicale : Nicolas Kern

Répétiteur : Pierre Cornevin

Arrangements : Robert Suhas

Lumières : François-Éric Valentin

Sonorisation : Anthony Desvergnes, Tristan Devaux, Yann Lemêtre

Costumes : Émilie Angibous, Sylvie Boschetti, Laurent Chevalier, Jean-François Dewulf, Patrick Genevey, Thierry Mercier-Renoir

Décor : Sylvie Boschetti, Jean-Marie Brébion, Jean-François Dewulf, Olivier Ménestrier, Thierry Quessada

Accessoires : Sylvie Boschetti, Fabrice Meillier

Théâtre Le Trianon • 80, boulevard de Rochechouart • 75018 Paris

Réservations : 01 44 92 78 04 ou www.lescaramelsfous.com

Du 5 au 14 juin, les jeudi, vendredi et samedi, à 20 h 30

Durée : 2 h 20 (avec entracte)

28 € | 25 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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