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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 16:46

Un duo magnifique

 

Délaissés par leurs parents, René et Henri Ribouillot présentent leur histoire pour que plus jamais on n’abandonne les enfants. Ils ont d’ailleurs créé leur association, Pour que plus jamais ça !, qui lutte contre les abandons d’enfants. Avec la photo sur scène de leur héros, Papé Ribouillot, qui les a élevés mais qui n’est plus. Alors, les voilà partis sur les routes pour conter leurs malheurs avec humour.

 

Le spectacle commence par leur complainte qui dit « les Ribouillot, c’est pas des bigorneaux… écoutez la complainte des frères Ribouillot, abandonnés par leur père et aussi par leur mère sur la route, ils sont perdus, car terre et ferme, ils n’ont plus, une carriole, une malle, un chapeau, voilà les frères Ribouillot ».


Les deux garçons au physique ingrat et aux airs de grands nigauds racontent leur vie tout en chantant et dansant. René, l’aîné, revendique son autorité, mais souffre de son illettrisme. Le cadet, Henri dit Riquet, se présente comme l’intellectuel de la famille, qui reproche à son frère ce droit d’aînesse qu’il ne cesse de mettre en avant.


Tout commence dans la campagne française, mais très vite René et Henri nous font voyager dans leur monde extravagant. Ils nous conduisent en Andalousie et deviennent chanteurs de flamenco, partent en Afrique pour nous conter l’étrangeté d’une noce d’un valeureux gaillard, pour finir par une interprétation des Blues Brothers. Hommage aussi à Jacques Brel, en interprétant une amusante Vache à un franc pour parler de manière décalée des soucis de notre société.


La mise en scène est dynamique grâce aux changements de costumes et de voix des frères Ribouillot. Leur jeu implique le public dans le spectacle. Entre la chère maman retrouvée par René, l’amour rencontré par le chanteur andalou ou le chef de tribu africaine et la jeune mariée, les rôles ne manquent pas pour un public séduit par cette audace réussie.


Kawitt et Ludovic Beyt interprètent avec beaucoup d’humour grinçant et de sensibilité ces deux frères paumés mais si attachants. Acteurs mais aussi chanteurs, musiciens et clowns, ils parviennent à nous embarquer en soixante-quinze minutes dans ces multiples histoires sans tomber dans le ridicule de l’excès.


Le décor est dépouillé, et c’est aux accessoires que l’importance est donnée, car ils dépassent la fonction d’utilité qu’on leur reconnaît en temps normal. Le trombone est autant instrument de musique que mitraillette, tronc d’arbre ou rame. Le coffre, qui contient les déguisements des acteurs, est aussi barque africaine. Quant à la poupée avec laquelle joue René, elle devient personnage à part entière de la pièce.


Au final, le plaisir et le rire sont au rendez-vous, et, ce, grâce aussi à l’absence de vulgarité, preuve que l’on peut être drôle sans être gras. René et Henri nous émeuvent avec leur destin sans jamais provoquer notre pitié, et le public s’amuse de leur naïveté sans jamais se moquer. 


Emmanuel Renou

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Les Frères Ribouillot : « Pour que plus jamais ça ! »

Auteurs : Kawitt et Ludovic Beyt

Avec : Kawitt et Ludovic Beyt

Théâtre du Grand Rond • 23, rue des Potiers • Toulouse

05 61 62 14 85

Du 22 avril 2008 au 3 mai 2008 à 21 heures, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi

12 € | 8 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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