Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 09:24

La guerre sans le nerf

 

Hervé Devolder, l’auteur de la comédie musicale « Chance », met en scène sa nouvelle comédie portant sur les relations amoureuses. Manque d’efficacité de l’écriture et manque d’efficacité sur scène qualifient malheureusement cette pièce décevante.

 

Une jeune femme, excédée par les regards lubriques des hommes, décide de se venger sur le prochain dragueur. Elle s’arme de sa jupe la plus sexy et de ses bottes à talons et va chercher sa cible dans un jardin public. La pièce débute à ce moment-là. Un banc, sur lequel un homme lit un journal, pour seul décor ; des lumières qui suggèrent le feuillage du parc. Le décor est planté, agréablement. Débarque effectivement une jeune femme au regard mutin et à la jupe courte. L’homme pose un œil discret sur les parties charnues de la demoiselle. Celle-ci peut alors déclencher les hostilités : « Elles vous plaisent, mes fesses ? »


Le premier round est assez drôle, mais très vite la conversation tourne en rond. On aimerait que la vitesse supérieure soit enclenchée. On ne peut pas compter sur le jeu de la comédienne, qui manque cruellement de nuances. Dans une pièce où tout est basé sur la joute verbale, il est nécessaire que les intentions soient un tant soit peu appuyées. Mais il n’y a ici aucune évolution. Le discours de la jeune femme n’est pas convaincant. Il est juste dit, et en devient aussi fluet que le chant des oiseaux en fond sonore. Où est la femme excédée ? Même quand la jeune fille se met en colère, je ne l’ai pas trouvée… Je n’ai vu qu’une femme qui ne connaît pas l’amour, qui en est malheureuse et qui pense que les hommes sont « tous les mêmes »… La guerre sans le nerf.


jupe-courte-fw.jpg

« Jupe courte et conséquences »


Heureusement, la deuxième partie de la pièce est servie par Hervé Devolder, qui a compris son texte. Il renverse étonnamment la situation, et la cinquième vitesse est enfin enclenchée ! Par pour longtemps, car cette fois, c’est l’écriture qui le rattrape. Il ne se passe presque plus rien, et on attend la fin.


Quelle déception ! Je m’attendais à une pièce drôle, percutante, originale. Je souhaitais qu’on fasse la peau à tous ces dragueurs, à ces hommes qui nous empêchent par leurs regards de mettre des décolletés un peu trop seyants. Il y aurait tant de choses à dire, sans pour autant revêtir l’attirail féministe. La pièce est truffée de trouvailles, mais elles restent mal amenées. J’espérais un discours de femme libre d’aujourd’hui, perçu par un homme qui le retranscrirait avec son recul. Je vais devoir attendre encore. 


Anne-Laure Fournier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Jupe courte et conséquences, d’Hervé Devolder

Mise en scène : Hervé Devolder

Avec : Stéphanie Caillol, Hervé Devolder

Décor : Lalaô Chang

Musique : Éric Chayand

Théâtre Lucernaire • 53, rue Notre-Dame-des-Champs • 75006 Paris

www.lucernaire.fr

Réservations : 01 45 44 57 34 ou sur www.lucernaire.fr

À partir du 26 mars 2008, du mardi au samedi à 20 heures, le dimanche à 17 heures

Durée : 1 h 10

Partager cet article

Repost 0
Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher