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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 00:04

Je n’ai rien saisi de la pièce…

 

« Anima Kwahulé » est le nom que le Lavoir moderne parisien, petit théâtre du XVIIIe arrondissement de Paris, a choisi pour une programmation autour de l’œuvre de Koffi Kwahulé. Du 5 avril au 31 mai 2008, on pourra y découvrir, par des spectacles et des lectures, le talent reconnu de cet auteur africain contemporain. Ce soir, je vais découvrir une de ses œuvres : « Big Shoot ». Moi, j’avoue ne rien connaître de l’artiste. Je m’y rends donc intriguée. Une surprise m’attend ?

 

À l’accueil, on a tenté de me prévenir : « C’est fort comme écriture, c’est assez dur… vous voyez, c’est pas… » Oui, j’ai compris, c’est pas pour les chochottes, quoi ! Je ne m’étais pas trompée. Dès les premières secondes, le ton est donné. Nous, spectateurs, entrons à pas de loup dans une salle déjà plongée dans l’obscurité. Je lève tout juste les yeux de mon portable, que je suis en train d’éteindre, quand mon regard croise celui d’un homme. Il est droit, dur, fermé. Son attitude et son regard, menaçants. Il guette. Qu’est-ce qu’il me veut ? À moi, rien, ouf ! Il en veut à Stan, l’autre personnage sur scène. Celui-ci assis, à l’attitude apeurée, semble attendre son châtiment.


Quelques secondes passent, le temps que nous prenions nos places. Et là, tout s’emballe. Le premier homme, furieux, s’approche du second pour lui hurler dessus. Il crie, s’énerve et reprend à peine son souffle entre deux « Enculé !… Fils de pute !… Mother fucker !… ». Waouh ! ça commence fort !


Durant les minutes qui suivront, on comprend que Stan est en captivité. Kidnappé par l’autre, il est menacé de mort s’il ne révèle pas ce qu’il faisait dans les parages. Et le danger est sérieux, car son ravisseur semble être un tueur déséquilibré et psychopathe. Entre eux deux s’ensuivra un huis clos pesant. On ne sait pas exactement si c’est le jour ou la nuit, ni où ils sont. Que veut exactement le méchant ? Ces détails resteront obscurs, sans doute pour rendre le propos symbolique et universel.



Mais l’intrigue en elle-même, le but de cette histoire, ce dont il est question, tout cela m’a échappé. C’est voulu ? Je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, je n’ai rien saisi de la pièce. Je n’ai pas compris de quoi il était question. Je n’ai rien décodé du second degré, ni même du premier d’ailleurs. Qui sont-ils, d’où viennent-ils ? Pourquoi l’un veut-il ou doit-il tuer l’autre, quelle est cette maison dont ils parlent sans cesse, ce chien qui aboie et cette haie de fleurs ? Bref, avec cette histoire hors de tout et dont les actions semblent sans motivation, la question se pose sans cesse : « Mais où diable veut-on en venir ? »


Quelle déception ! Vraiment. Je me faisais une joie de découvrir cet auteur, dont on m’a dit beaucoup de bien. Mais ma soirée ne fut pas gâchée pour autant. Bien que je n’aie pu apprécier le fond, la forme, elle, m’a ravie. Par là, je veux parler de la mise en scène et du travail scénographique de Sidney Ali Mehelleb. Tout est très simple, épuré. Le décor du théâtre du Lavoir moderne parisien y est pour quelque chose. La salle ressemble à l’intérieur d’une cave, les murs sont en pierre brute et les poutres apparentes. Se dégage de cette atmosphère une certaine rudesse, qui s’accorde bien à la violence de l’histoire. Du plafond sont suspendus des câbles, au bout desquels des crochets en métal soutiennent un poids ou des vêtements. Oui, c’est sur scène et grâce aux jeux de lumière que s’effectuent les changements de costumes. Bien trouvé.


Pour conclure, je dirai que, pour moi, Big Shoot a été une expérience en demi-teinte. J’ai pu sentir l’animalité qui imprègne l’écriture de Koffi Kwahulé, mais aussi sa musicalité. J’ai pu apprécier la mise en scène de la compagnie L’Explique-Songe. Mais le propos m’ayant échappé, je suis restée sur ma faim. Dès le 6 mai prochain, une autre mise en scène de la même pièce est proposée. À voir peut être pour mieux comprendre ? 


Kandida Muhuri

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Big Shoot, de Koffi Kwahulé

Compagnie L’Explique-Songe

Mise en scène et scénographie : Sidney Ali Mehelleb

Avec : Éric Nesci et Arnaud Pfeiffer

Création costumes : Angélique Calfati avec la collaboration de Nora Mehelleb

Création lumière : Christine Name

Théâtre du Lavoir moderne parisien • 35, rue Léon • 75018 Paris

Réservations : 01 42 52 09 14

Du 15 au 18 avril 2008 à 21 heures

15 € | 10 € | 5 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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