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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 22:08

Doux parfums d’enfance

 

« David, l’enfant des dames » retrace le récit autobiographique de la jeunesse de Norbert Mouyal à Rabat dans les années 1950. Juif, marocain, il revient avec humour sur son parcours sentimental dans un Maroc bercé par la douceur de vivre. Seul en scène, il conte ses premiers émois amoureux, qui influenceront toute sa vie. À travers son histoire, il aborde avec la naïveté qui sied à un enfant son déracinement vers une métropole, dont sa famille ignore tout. Grisé par ces parfums exotiques, je me suis promptement embarqué pour ce voyage au long cours, où les anecdotes de David et de ses dames foisonnent à l’envi.

 

David, l’enfant des dames se déroule dans « le studio » du Théâtre Darius-Milhaud. Il s’agit d’une toute petite salle de théâtre propre à ce type de spectacle intimiste. La scénographie est sobre : deux chaises et une commode ornée d’une timbale rappelant un intérieur marocain.


L’histoire du petit David est truculente dès lors qu’elle est vécue et narrée par un enfant de quatre ans. Adulé pour sa chevelure blonde et baignant dans un monde de femmes, il ne va pas tarder à faire l’expérience de la volupté et de l’attrait des charmes féminins. Chaque émoi, se traduisant par une poussée de fièvre, met en alerte Julie (sa mère). Sa tête d’ange lui permettra bien des facéties auprès de ces femmes en quête de tendresse. Mais le terrorisme montrera ses dents, et il faudra affronter le départ vers la métropole en 1956 et l’abandon de ces dames.



Je me suis laissé totalement captiver par ce récit savoureux conté par Norbert Mouyal. Ses anecdotes, entrecoupées d’intermèdes musicaux, soutiennent le spectacle en assurant une respiration nécessaire. Les thèmes musicaux s’égrènent au fil de l’histoire, témoignant à chaque fois une nostalgie lancinante. À ces moments choisis, David rêve, et nous aussi, nous rêvons.


Norbert Mouyal nous fait revivre les personnages hauts en couleur de son enfance, prenant tour à tour des accents que l’on connaît bien, en y ajoutant une touche originale à chaque fois. Ce spectacle a une résonance singulière, car il met aussi en relief un moment douloureux de notre histoire, même s’il est traité avec humour, et de façon décalée. Exit cette douceur de vivre, ces images colorées du Maroc, et le hammam où David découvrait les corps sensuels des amies de sa mère.


David se souvient aussi de son arrivée à Paris : « J’avais envie de faire du foot, mais il n’y avait pas d’Arabes pour jouer. Je n’ai donc pas joué !». Il ne subsiste finalement que le regret d’un monde qui n’existe plus. Et il en est de même de l’insouciance qui a guidé nos premiers pas et qui s’est évanouie à jamais. 


Laurent Schteiner

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


David, l’enfant des dames, de Norbert Mouyal

Adaptation et mise en scène : Colette Kraffe

Avec : Norbert Mouyal

Théâtre Darius-Milhaud • 80, allée Darius-Milhaud • 75019 Paris

Réservations : 01 42 01 92 26

Du 4 avril au 28 juin 2008 à 20 h 30, tous les vendredi et samedi à 21 heures, tous les dimanches à 18 heures

Durée : 1 h 20

17 € | 13 € | 10 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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