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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 15:53

Un jeu dynamique,
tout en relief, nuancé à point


Par Chloé Chochard- Le Goff

Les Trois Coups.com


Avec « Falstaff », Olivier Pansieri, en tant que membre de la troupe Art scénique et vieilles dentelles, en est à sa septième mise en scène. Son adaptation de la pièce historique « Henri IV » de Shakespeare nous plonge dans une ambiance très xvie siècle, malgré le modernisme du lieu, peu propice à l’évasion.

Mélange de farce et de drame, Falstaff évoque les relations père-fils, des amitiés hors classe sociale pas toujours faciles, le tout sur fond de guerre civile. Le fils d’Henri IV, le prince Hall, fréquente un homme peu convenable pour son rang, un certain Falstaff, une sorte de Sganarelle à l’anglaise, quelque peu lâche mais attachant. Tromperies, mensonges, morts sont de la partie. Tout est faux-semblants, et, pourtant, derrière chacun des personnages, on perçoit interrogations et états d’âme.

Bien sûr, Shakespeare n’est pas n’importe quel auteur. Les répliques s’enchaînent les unes après les autres dans une parfaite fluidité, passant d’un genre théâtral à un autre sans grande difficulté. Mais, même si le choix du dramaturge assure une certaine qualité à la pièce, on peut vite tomber dans des adaptations banales. Grâce à Olivier Pansieri et à la verve des autres comédiens, on obtient un jeu dynamique, tout en relief, nuancé à point. Saluons (entre autres) les prestations d’Olivier Pansieri incarnant un Falstaff au ventre bedonnant, mais qui l’aide à rebondir sur chaque évènement et à se relever indemne ; et celle de Curtis Vaisse, qui joue successivement deux personnages au caractère opposé. Cette difficulté qui implique de transformer son jeu aussi rapidement est parfaitement maîtrisée, à tel point qu’on oublie l’être unique derrière chacun d’eux. Seul bémol, une tendance à s’emporter par moments, qui empêche une bonne compréhension des répliques.

falstaff-fw.jpg

« Falstaff »

La pièce est montée dans une sorte de hall d’entrée, chose rare et peu attrayante pour une pièce plutôt destinée aux salles à l’italienne. Mais encore une fois, le dynamisme de la troupe nous fait oublier le lieu. L’espace est entièrement occupé : pas une parcelle ne reste vierge des pas des comédiens. Leurs déplacements fréquents sont facilités par un décor simple mais efficace, où couloirs et portes servent à varier les effets. Les jeux de voix derrière les décors semblent surnaturels et créent un véritable univers onirique. Malheureusement, ces trouvailles contrastent avec d’autres aspects, moins convaincants. Les jeux de lumière, par exemple, sont un peu grossiers. Trop souvent utilisés, ils ne font qu’atténuer la dimension émotionnelle des personnages. De même, les musiques, étrangement agencées, diminuent la tension dramatique déjà présente dans les dialogues.

Enfin, nos yeux trouvent leur bonheur dans les costumes extravagants, assez pittoresques, signés Gagu Dürr. Elle redessine les costumes traditionnels en leur donnant un petit côté déjanté, dissymétrique, qui apporte à la pièce une atmosphère fantastique, un peu à côté du « monde normal ». Surprenant que ce Falstaff, mais agréablement surprenant. Les quelques défauts sont bien moindres comparés au jeu complice et aux costumes des comédiens, qui nous ramènent avec bonheur plusieurs siècles en arrière. 

Chloé Chochard-Le Goff


Falstaff, d’après Henri IV de Shakespeare

Compagnie Art scénique et vieilles dentelles • 13, rue de Cels • 75014 Paris

01 43 54 05 02

Relations publiques : Gigi Stampfer | 06 84 38 86 88

Mise en scène : Olivier Pansieri

Avec : Éliza Calmat, Francis Bédigis, Gagu Dürr, Raphaël Canard, Olivier Pansieri, Christophe Touraud, Yves Tricault, Curtis Vaisse

Création costumes : Gagu Dürr

Régie : Gigo Stampfer

Son : Patricia Corre

Maison des étudiants canadiens|Cité internationale universitaire • 31, boulevard Jourdan • 75014 Paris

Réservations : 01 43 54 05 02

Du 10 mars au 11 avril 2008

Durée : 1 h 50

18 € | 12 € | 5 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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