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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 22:56

Feydeau n’a pas pris une ride

 

Revisiter à la sauce « soap opera » deux pièces inachevées du dramaturge français Georges Feydeau : c’est le pari audacieux du « Georges Feydeau Show » de la compagnie Scénofolies. Une création originale qui plonge le spectateur dans une ambiance colorée et déjantée. Une parodie des soirées télé version 1970… mais au théâtre.

 

Speakerines cruches à souhait, acteurs ringards, sitcoms niaiseuses et décor kitsch… Le spectateur se retrouve, au théâtre, comme devant son petit écran… mais vers la fin des années 1960. Et c’est bien là la prouesse de la Cie Scénofolies, qui met en scène deux saynètes de Georges Feydeau à la sauce seventies.


Le décor, d’abord, recrée à merveille l’atmosphère des années Clo-Clo. Du téléphone orange à plumes au fauteuil à poils, en passant par le tapis à losanges et la bouteille de scotch : aucun détail n’a échappé à l’œil du scénographe. Les costumes, ensuite, sont particulièrement soignés. Les garçons, moulés dans un pattes d’eph, donnent la réplique à des filles aux robes trapèzes, imprimées psychédélique. Sans oublier le col roulé synthétique, orange ou marron de préférence – mais est-il nécessaire de le préciser. Rien n’est laissé au hasard, même la perruque est d’époque.


Enfin, et c’est bien là le principal, la mise en scène. Après la théâtralisation des films des années 1920 – fumoir et rouge à ongles sur fond noir –, place à celle des séries nunuches des années 1970. Un vrai plateau télé, reminiscence de votre enfance – ou de celle de vos parents. Au Georges Feydeau Show, ce sont des speakerines, tantôt paniquées, tantôt sexy, qui annoncent le programme.


Première partie : Par la fenêtre. Une scène écrite en 1882 par Feydeau, qui donne à voir les tribulations d’une femme bien décidée à se venger de son mari jaloux avec son innocent voisin. Ce dernier étant persuadé d’avoir vu sa propre moitié papillonnant avec le dit mari jaloux. Une histoire tirée par les cheveux, avec des quiproquos prévisibles, des sourires caméra forcés, des répliques exagérées, des perchistes qui entrent dans le champ, des accessoiristes qui rampent sur le plateau. Bref… authentique.


Après une page de réclames tordantes et une intervention chantée d’un Mike Brandt à paillettes, place à une deuxième partie, plus longue, donc plus aboutie. On va faire la cocotte, le vaudeville de Feydeau de 1897 n’a pas pris une ride. Un mari adultère veut mettre au lit à tout prix son épouse enceinte jusqu’aux yeux pour aller s’encanailler avec sa maîtresse, une « grue » du show biz. Mais c’est sans compter sur la conjointe, bien décidée à ne pas boire son drink du soir – et la dose de somnifères qu’il contient. Elle apprend de son amie, cocue également – au physique de l’emploi –, le subterfuge de son cher et tendre. La vengeance est un plat qui se mange immédiatement…


Seul petit bémol : les pièces ne sont pas présentées dans leur intégralité. Alors, bien sûr, la succession d’extraits, à la façon des séries télé, c’est le concept. Mais un concept un peu frustrant. Et qui dit spectateur frustré, sous-entend aussi spectateur pris au jeu ! Et là encore Scénofolies a tout compris…


Les adultes apprécieront cette parodie de leurs jeunes années de téléspectateurs et savoureront les moindres clins d’œil de la mise en scène. La jeune génération ne saisira pas tout le comique des situations, mais notera la qualité de l’interprétation des acteurs. Au final, un bon divertissement, léger et dynamique, drôle et farfelu, mais qui pour autant, ne vous fera pas rire aux larmes. 


Julie Olagnol

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


The Georges Feydeau Show, par la compagnie Scénofolies

Scénofolies chez F. Cayzac • 36 avenue Jacques-Cartier • 34000 Montpellier

scenofolies@wanadoo.fr

Adaptation : Stéphane Varnier

Mise en scène : Carole Bellanger

Avec : Nadia Tillier, Lissa Trocmé, Carole Bellanger, Philippe Van den Bergh et James De Freitas

Création costumes : Carole Bellanger

Décor et lumière : Tony Mayet

Kawa Théâtre • 18, rue Fouques • 34000 Montpellier

Réservations : 04 67 58 15 45

www.kawatheatre.com

contact@kawatheatre.com

Du 20 mars au 7 juin 2008 les jeudi, vendredi et samedi à 21 heures

Durée : 1 h 30

15 € | 13 € (vendredis et samedis) | 11 € | 9 € (jeudis)

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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