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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 18:27

Lourd et indigeste


Par Laurent Schteiner

Les Trois Coups.com


Jean-Luc Lemoine, auteur de « Amour et chipolatas », est davantage connu du public pour ses one-man-show et son appartenance à « la bande de Laurent Ruquier ». Cette pièce, mise en scène par Xavier Letourneur, retrace l’invitation de Margot à ses trois ex-petits amis à un barbecue afin de rendre jaloux son futur mari. L’argument squelettique de la pièce fait montre d’une stérilité sans égale. Le texte et la mise en scène contribuent à alourdir ce spectacle en rendant ce plat de chipolatas proprement indigeste.

undefinedL’argument, qui tient sur la largeur d’un ticket de métro, m’a personnellement laissé perplexe quant à l’intérêt et l’originalité de cette pièce. Après une heure de spectacle, j’avais fait le deuil d’éventuels rebondissements. Cependant, un mini coup de théâtre interviendra à dix minutes de la fin lorsque Margot apprend à ses amis qu’elle attend un heureux évènement, qu’elle doit à une rencontre fugace. Bien entendu, le futur mari sera le dindon de la farce.

Le texte de la pièce en parfaite communion avec le ton prolixe de l’animateur Jean-Luc Lemoine m’a littéralement anesthésié. Ce déluge verbeux propre à assommer un public averti a noyé littéralement l’énergie des comédiens. Le seul silence de cette pièce est intervenu lors d’un flottement de l’un des comédiens. Cet intermède, paradoxalement, a rendu les personnages plus authentiques. Mais la vulgarité des propos tenus dans les échanges témoigne d’une facilité regrettable peu propice à relever le niveau de la pièce.

Jean-Luc Lemoine a créé des personnages caricaturaux, dénués de profondeur. Parmi les trois anciens amis figurent un excité et quelque peu autiste (Grégoire), « un beauf » (Norbert) et enfin un homosexuel hautain (Hugo). Les débats et les plaisanteries qui animent ces personnages sont éculés. Jean-Luc Lemoine n’a pas fait l’économie d’une énième version du « beauf » versus « l’homo ».

Le jeu des comédiens est inégal. Une mention cependant pour le comédien qui interprète le rôle de Grégoire, qui évite le naufrage de cette pièce. Au sortir du théâtre, une jeune femme dans une file d’attente m’a questionné sur cette pièce. En guise de réponse, je n’ai pu que lui lancer un regard pathétique et lui adresser un pauvre sourire. 

Laurent Schteiner


Amour et chipolatas, de Jean-Luc Lemoine

Mise en scène : Xavier Letourneur

Avec : Sébastien Castro, Jean-François Cayrey ou Guillaume Bouchède, Laurent Hugny, Christophe de Mareuil ou Martial Courcier, Florence Savignat

Décors : Thierry Benoist

Création lumière : Paula Anacleto

Musique : Alexis Degay

Théâtre Le Temple • 18 rue du Faubourg-du-Temple • 75011 Paris

Réservations : 01 40 26 04 14

Du mardi au samedi à 20 heures

Durée : 1 h 30

26,50 € | 18,50 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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pon 17/06/2010 00:39



Vue hier, hélas...


Primo, ce qui m'a le plus gêné c'est l'absence d'intrigue ! Jamais on n'est pris par la pièce en se demandant "tiens, que va-t-il se passer ?".


La pièce débute par une caractérisation des trois ex de Margot. Bon. Au bout de 20 minutes de dialogue nous plantant le caractère des personnages, on n'a toujours pas le moindre petit bout de
début d'intrigue. Même chose après 40 minutes. etc. bref ça ne démarre jamais. Cette pièce est une exposition de 1h15, sans développement, ni complications, ni rebondissements, et même sans
climax.


Vous avez tout dit sur les clichés sur les personnages. Le VRP qui a forcément une cravate horrible etc. Personnellement un cliché ne me gêne pas s'il sert une situation, une histoire. Bref s'il
a un sens. Mais ici le fait qu'on ait affaire à un homo, un beauf et un excentrique puéril n'a strictement aucune influence sur l'histoire. C'est ça qui est grave !


Quant au sens profond, à la "morale" de l'histoire principale, je me la demande encore. Le dénouement, c'est que les trois ex, finissant par vouloir le bien de Margot, mettent leur jalousie de
côté et lui conseillent d'épouser ce type hyper violent, caractériel, intolérant, triste, et à propos duquel elle a elle même avoué qu'il allait sûrement la battre elle aussi un jour. Tout cela
alors que nos trois lascars ont montré dans leurs dialogue pendant 99% de la pièce qu'ils étaient fondamentalement opposés à la violence, qu'ils devaient apprendre à se tolérer, qu'ils étaient
très attachés à l'humour (chacun dans son genre), et à un certain sens du bonheur. Ça n'a aucun sens.


Et puis j'espérais, en référence au titre, un rebondissement délirant qui mette en scène une chipolata. Eh bien non. Le titre lui non plus n'a aucun sens. Le barbecue, premier accessoire utilisé
à l'ouverture du rideau, ne joue aucun rôle dramatique ! On le remplacerait par un aspirateur ou un frigo que ça ne changerait rien à l'histoire. C'est juste un titre qu'on retient.


En positif : quelques bonnes vannes. Deux bons comédiens. 


En conclusion, une chose est sûre : il ne s'agit pas d'une pièce de théâtre. C'est juste une suite de dialogues.


 



Coralie 01/06/2009 09:23

Votre critique me semble bien sèche par rapport à la qualité de jeu des acteurs notamment! J'ai trouvé le pièce d'une grande fluidité où, en tant que spectatrice amatrice, je me suis prise au jeu en étant absorbée par l'histoire! Certes, si vous souhaitiez voir une pièce élaborée avec un français choisi, ce n'était pas votre aubaine! Par contre si vous vouliez passer un bon moment de divertissement, là était votre chance! Je suis allée voir cette pièce fin mai et honnêtement j'en garde un très bon souvenir!
Comme quoi... les goûts et les couleurs ne sont pas partagés par chacun...
:-)

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