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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 02:44

Un réalisme ennuyeux

 

John Penhall est un auteur et journaliste britannique qui a reçu de nombreuses récompenses en Angleterre, notamment pour « Pale Horse » (prix de la meilleure pièce décerné par Thames Television). Cette pièce, inspirée de faits divers, s’inscrit dans un certain réalisme à l’anglaise. Les sujets de prédilection de John Penhall sont : la mort, la folie, la perte, l’échec… Charles et Lucy, les personnages principaux, sont tous les deux des écorchés de la vie. Hantés par leur passé et dans l’univers populaire d’un pub londonien, ils vont apprendre à se connaître, à communiquer, à comprendre leurs peurs et leurs névroses.

 

Une fois de plus, comme pour plusieurs spectacles vus récemment, je tiens surtout et avant toute chose à souligner l’ingéniosité de la scénographie. Sans fioritures et objets inutiles, le décor léger mais suffisant nous transporte avec fluidité d’un univers à l’autre. En effet, grâce à la présence d’un écran lumineux et de quelques éléments représentatifs, on passe en une fraction de seconde d’un cimetière à un bar londonien, d’un restaurant chinois à une chambre d’hôtel, d’une morgue au cabinet d’un médecin… Le décor est aéré, aérien, et totalement au service du jeu des acteurs, qui ne se trouvent pas enfermés dans un naturalisme souvent imposé par des décors trop précis et chargés, ne laissant pas place à l’imaginaire.


Pourquoi autant parler de la scénographie ? Parce que je n’ai pas grand-chose à dire sur le reste… Les acteurs sont loin d’être mauvais, je dirais même que certains sont assez drôles et intéressants. Je pense particulièrement à la prise de parole singulière d’Isabelle Jeanbreau (rôle de Lucy). Cette jeune comédienne à la voix rauque apporte à la fois beaucoup de fraîcheur, de légèreté et de profondeur au spectacle.


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Malheureusement, la superficialité du texte et de la mise en scène ne donnent pas aux comédiens la possibilité de nous émouvoir. En outre, les rôles secondaires ne sont pas assez étoffés et n’apportent donc pas grand-chose à l’histoire, si ce n’est une dose de clichés liés au mal-être.


Pale Horse aborde des thèmes graves et douloureux : le deuil, les névroses, la solitude, la difficulté de communiquer… Mais ceux-ci sont traités de manière quasi anecdotique. Le résultat manque à mon goût d’engagement et de parti pris. Par ailleurs, j’ai trouvé assez maladroit le fait de mettre en scène la pièce comme une succession de tableaux, dans lesquels on entre de but en blanc. En effet, entre chaque scène, il y a un changement de décor, les acteurs se placent dans le noir, et au retour de la lumière on est projeté dans une action déjà commencée. L’effet est des plus surjoués et cela n’aide pas beaucoup le spectateur à se laisser embarquer dans l’histoire.


Pale Horse est un spectacle assez sombre, qui à la première représentation ne racontait pas grand-chose et ne faisait pas vraiment appel aux sens des spectateurs. Ayant assisté à cette représentation-là, j’espère que dans les jours à venir les acteurs sauront un peu singulariser leur partition et que le spectacle évoluera vers quelque chose de plus dramatique, de plus poétique, de plus universel. 


Jeanne C.

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Pale Horse, de John Penhall

Compagnie Delthina • 50, rue de l’Église • 08200 Balan

delthina@wanadoo.fr

Mise en scène : Thierry Lavat

Adaptation française : Sophie Gueydon et Jérôme Neutres

Avec : Jauris Casanova, Isabelle Jeanbrau, Sarah Faure, Gérard Maillet, Laurence Kelepikis, Christian Loustau

Sudden Théâtre • 14 bis, rue Sainte-Isaure • 75018 Paris

Réservations : 01 42 62 35 00

Du 11 mars au 26 avril 2008 à 21 heures, relâches les 18 et 19 mars 2008

Durée : 1 h 20

28 € | 17 € | 13 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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