Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 14:46

Partager cet article

Repost 0
Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Jean-christophe MARIT 25/03/2008 11:54

J'avais bien essayé de lire la pièce avant qu'elle nous soit présentée à l'Odéon mais en vain. Le texte m'apparut d'une lourdeur excessive à la lecture. Je ne comprenais rien et ne me représentais rien. Je n'ai lu aucune critique non plus avant de voir "L'école des femmes". Bien assis au troisième rang de l'orchestre je me suis laissé embarqué. D'abord le rideau, une vaste peinture aux motifs naïfs comme vous dîtes, côté jardin un carré vert peint derrière une haie, côté cour : un cube, puis en haut de la toile une échelle qui monte vers le gril. Je ne m'attarderai pas non plus sur le coeur dessiné qui semble vouloir se détacher du proscenium mais chacun des motifs peints augurait d'un décor à trois dimensions. Le décor à plaque tournante a visiblement été conçu pour les spectateurs des trois premiers rangs, car de mon fauteuil j'ai eu l'agréable sensation d'habiter ce lieu.Ils ont surgi de derrière, je mis bien 5 minutes à m'adapter à la façon de leur échange verbal. Les deux compères débitaient la pièce comme j'avais essayé de la lire, l'ombre de l'ennui me guettait. Puis le rideau se lève, la langue trouve refuge dans mes oreilles et Arnolphe respire n'ont pas à la rime comme de coutume mais au sens des mots ; il nous donne sentiment et je le trouve déjà touchant ce "cornard" prévisible, je redoute de ne jamais rire. Erreur, l'arrivée d'Agnés chamboule tout, sa naïveté incarnée, le tremblotement de sa lèvre inférieur, c'est sûr, cette enfant est une oie.. je ris sous cape. Une fois les personnages campés, les mimiques du valet (façon Fernand Reynaud) calées dans la prose du maître, une fois le mouchoir blanc sorti de la poche de celui-ci, la langue m'envahit et m'entraîna dans son rythme. En sortant de l'Odéon je crus un moment savoir par coeur le texte; Jamais Molière ne me fit autant voyager. Bravo à tous. Vous parliez de nectar non tiré ! vendredi soir il coula à flot. L'amour est un acte naïf, non construit, il ne peut se réduire au rythme des alexandrins, Arnolphe en devient même aphone. Comme quoi toute les critiques sont dans la nature... humaine.

Rechercher