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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 00:43

Baby-sitter, daddy-sitter…


Par Betty Rose

Les Trois Coups.com


Après le succès fou de « J’aime beaucoup ce que vous faites », Carole Greep nous envoie chez une famille nombreuse aux relations fissurées et où débarque une baby-sitter caricature de la parfaite bombe sexuelle. Une comédie légère.

C’est simple : après trois enfants, entre Caroline, fatiguée des séquelles de la maternité qui la dépriment, et Stéphane, insouciant mari tout à fait ordinaire, trop ordinaire, la vie de couple n’est plus aussi belle. Et ce ne sont pas les visites incessantes de leur voisin Alban qui arrangent les choses. L’époux est du genre adolescent qui n’a pas grandi. Bien décidé à prendre de vraies vacances, le couple engage une baby-sitter pour s’occuper de leurs bambins.

Arrive alors la toute jeune Sam. Sam est très sympathique, mais… c’est… une bombe sexuelle. Un mètre quatre-vingt, un corps fantastique, aussi peu de vêtements que possible et l’accent des filles de Londres, qui fait tourner la tête. À partir de là, l’équilibre fragile de la famille se casse la figure : devant l’attitude naturellement sexy de la jeune fille, l’épouse explose de jalousie tous azimuts, et le voisin, transformé en boule d’hormones, tente de pervertir le mari, qui déjà ne sait plus où donner de la tête. Pendant ce temps-là, Sam n’est plus seulement bombe sexuelle destructrice de couple, mais pourrait être bien plus que ça. On apprend en effet qu’elle cache quelque chose…

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« la Bombe » | © Isabelle Raymond

J’apprécie beaucoup le travail de Carole Greep. Cependant, ce spectacle m’a déçue. Je m’attendais plus à une jeune Londonienne coquine, ô combien sûre de ses charmes, qui prendrait un malin plaisir à s’occuper davantage des adultes que des enfants, et qui, par ses ruses, créerait disputes et quiproquos des plus comiques. Mais là – disons, en comparaison avec J’aime beaucoup ce que vous faites –, l’histoire est un peu plate, trop « cliché ». Le couple qui va mal, le voisin lourdingue, la petite « bimbo » qui fait irruption pile au mauvais moment et qui ne se rend absolument pas compte de ce qu’elle fait. Et elle a un secret, en plus ! Surprise, surprise ?… On a une agaçante sensation de déjà-vu, qui fait anticiper l’action et empêche d’apprécier vraiment le spectacle. L’humour relève de la facilité. Les clichés, aussi bien français qu’anglo-saxons, ne sont pas abordés assez finement pour que l’on puisse franchement en rire.

En fait, ce qui plaît, c’est plus les clichés en eux-mêmes que ceux-ci mis en scène. De ce côté-là, je dois avouer que chaque comédien tient très bien son rôle. Audrey Legrand joue joliment l’étrangère un peu perdue, David Talbot, lui, compose correctement un mari très, très normal, à qui le moindre évènement peut avoir l’air de mettre un peu de piment dans sa vie. Jean-Philippe Azéma, de son côté, est parfait en voisin frimeur et pénible. Carole Greep, enfin, est excellente en mère de famille un peu hautaine, dépressive et hystérique – dans sa propre pièce, on n’en attendait pas moins de l’auteure. Mais la mise en situation de ces quatre personnalités est ici maladroite. Finalement, on sourit, parce que les personnages peuvent facilement rappeler des personnes que l’on a côtoyées, mais ça reste insuffisant.

Le décor est, quant à lui, bluffant, sans pour autant parasiter le jeu des comédiens. Il rappelle ainsi une petite maison de vacances, avec un espace petit mais chaleureux et familial, avec les jouets des enfants éparpillés, les rideaux blancs devant les portes-fenêtres… Les sons et voix off sont de très bon aloi, ajoutant une seconde dimension à la pièce, même si le sens des annonces d’ellipses, chantées par un chœur invisible à la façon d’une tragédie grecque, m’échappe encore. 

Betty Rose


La Bombe, de Carole Greep

Mise en scène : Rodolphe Sand

Assistante à la mise en scène : Isabelle Raymond

Avec : Jean-Philippe Azéma, Carole Greep, Audrey Legrand et David Talbot

Décor : Olivier Prost

Création lumière : Jacques Rouveyrollis

Musique : Ramon Pipin, avec la voix de Claude Secé

Le Mélo d’Amélie • 4, rue Marie-Stuart • 75002 Paris

Réservations : 01 40 26 11 11

Du 10 janvier 2008 au 29 mars 2008, du mardi au samedi à 20 heures, matinée le samedi à 17 h 30

Durée : 1 h 40

22 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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