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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 15:52

Au cœur de la nuit, on rit

 

Nous nous situons au sein du Salon d’éveil culturel 0-6 ans. La relation aux livres est cette fois « postérieure » à la création du spectacle. Les deux comédiennes se sont aperçues que l’histoire qu’elles mettaient en scène, étaient des réminiscences de leurs lectures d’enfance. La Compagnie du Brouillard se plonge dans l’obscurité pour nous offrir un spectacle amusant, dominé par le corps.

 

L’histoire explore en légèreté, avec des rires, la peur du noir, la difficulté de s’endormir, les petits soucis de la nuit. Un personnage en pyjama, allongé sur son lit, cherche désespérément le sommeil. Nous ne connaissons pas son nom, ni celui du second personnage, ni d’ailleurs leur relation, ni leur sexe. Comme la chambre est dotée d’un bon nombre de luminaires, s’ensuit un jeu alternatif entre obscurité et positions corporelles rigolotes, avec une lampe de chevet qui s’allume à chaque position cocasse. Quand on ne trouve pas le sommeil, les luminaires s’amusent. C’est bien connu. Les autres luminaires prennent le relais, s’allument, s’éteignent, s’allument, s’éteignent, tout seuls. On nous montre, sans nous indiquer la raison, le pourquoi de cette euphorie lumineuse.


Donc, à chacun son interprétation. Quand l’adulte cherche à comprendre, à saisir le vraisemblable, l’enfant admet l’invraisemblable comme les lapins qui parlent dans les albums jeunesse. Des lapins qui parlent, on en a plein dans nos campagnes. À chaque âge, niveau, on peut se fabriquer ou non une raison. Les tracasseries s’enchaînent : la mouche qui fait bzzz aux oreilles, schlack un coup de tapette, on la voit écrasée avec ses gros yeux globuleux sur la télévision. Pipi, caca, popot avec des psss et des ploufs, quand on n’a pas le visuel, on a le bruitage. Le comptage de moutons avec un mouton bon chic bon genre, un gigot, une horde de moutons azimutés. On danse, on saute, on fait le trépied, on mange… Le jeu corporel est largement suscité. On entend une chanson et d’agréables vocalises mais pas de dialogue ou monologue, le domaine verbal est peu représenté. L’échange se fait dans le mouvement par des situations comiques.


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La scénographie occupe une place non négligeable dans le spectacle. Plus qu’un décor et des costumes, aux fonctions d’objets représentatifs d’un lieu, d’une identité, la scénographie devient élément de jeu comique. Le pyjama d’un personnage, le rideau de séparation des chambres, la housse de couette, la couverture du livre de chevet sont réalisés avec le même tissu à fleurs. Le deuxième personnage, de la chambre d’à côté qu’on ne voit pas, a un pyjama moitié-moitié, pile et face. Moitié tissu à fleurs comme la chambre que le spectateur a devant lui, moitié tissu à rayures comme sa chambre de l’autre côté du rideau, que le spectateur ne peut voir que par l’intermédiaire d’un petit téléviseur placé dans la table de chevet. Un jeu de cache-cache s’établit entre les deux personnages, avec cette moitié de costume qui permet de se confondre avec le rideau.


Les jeunes spectateurs ont beaucoup ri, adhérant rapidement au comique des situations corporelles. Ils se sont amusés de ce qui les effraie : la nuit, le noir, les cauchemars. Une très bonne idée de la part de la compagnie d’aborder par le rire ce moment pénible pour les enfants. Deux autres propositions ont été faites. Une exposition dans le noir, en préambule du spectacle, avec des objets phosphorescents. Les enfants s’amusaient à les nommer. Tous ces objets avaient un rapport avec la nuit : dentifrice, doudou, oreiller, pantoufles, papier et brosse des toilettes. Et par la même occasion, cela leur permettait de se familiariser à l’obscurité, à la nuit. Après le spectacle, les comédiennes ont invité parents et enfants à découvrir les livres de leur enfance. Assis sur des tapis, les enfants ont choisi un des livres empilés dans une caisse et la relation parents-enfants s’est prolongée avec tendresse autour de cet objet. C’est avec réussite et humour que la Compagnie du Brouillard a émis pour les enfants une immense lueur au fond de la nuit, un grand rire au fond de la peur. 


Christine Trolet

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Petit nuit, inspirée de Tu ne dors pas, petit ours ?, de Martin Waddell, éd. L’École des loisirs

Avec : Francine Gaonach, Mélanie Manuélian

Compagnie du Brouillard • 49, Grande Rue • 25000 Besançon

06 88 90 39 45

www.compagnie-du-brouillard.fr

compagniedubrouillard@voila.fr

Centre social et culturel Max-Pol-Fouchet • rue Jean-Jacques-Rousseau • 62680 Méricourt

Le 27 janvier 2008 à 16 heures

Programme et réservation : www.tiotloupiot.com

Tous les évènements sont gratuits.

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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