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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 14:51

Si un roi n’est rien sans couronne,

un homme n’est rien sans cœur…

 

En 1882, Mark Twain écrit « le Prince et le Pauvre ». Ce mélange de conte et de roman d’aventures avait captivé mon enfance. Ayant entendu parler de son adaptation en spectacle musical, je me rendais avec curiosité dans le charmant petit Théâtre Tallia, occasion également de découvrir cette salle âgée de tout juste un an.

 

Eh bien, je dois dire que Ludovic-Alexandre Vidal, auteur du livret et Julien Salvia, compositeur, ont fait très fort. Tout en respectant l’œuvre originale (j’ai retrouvé avec plaisir mes émotions d’enfant), ils ont su imprimer leur marque. Bien que très jeunes tous deux (mais on le sait, la valeur n’attend pas le nombre des années), ils présentent là leur troisième opus, après Révolution en 2004 et l’Homme qui rit en 2005. La langue est belle et la musique, très travaillée (les chœurs notamment sont magnifiques), réjouit l’oreille. On ne s’ennuie pas une minute. D’ailleurs, les enfants présents, captivés, n’ont pas bougé alors que le spectacle dure plus d’une heure.


L’histoire nous emmène à Londres, en 1546. Un enfant pauvre, Tom Canty, et le jeune prince Édouard Tudor, qui se ressemblent énormément, vont échanger leurs identités afin de vivre chacun leurs rêves. Cela entraînera bien des mésaventures.


La distribution est parfaite. Ils sont huit sur scène à interpréter plusieurs rôles avec une sincérité et une passion communicatives : les émotions « passent la rampe » selon l’expression consacrée. Les scènes comiques et celles plus dramatiques s’enchaînent parfaitement. Dans la salle, les émotions sont bien là, et on les éprouve qu’on soit enfant ou adulte.


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Quelques interprètes se détachent du lot, c’est du moins ce que j’ai constaté ce jour-là, car la distribution est en alternance selon les séances. Rachel Pignot apporte toute sa tendresse au rôle de la mère dans des séquences particulièrement émouvantes. Robert Aburbe est, quant à lui, un véritable phénomène. Qu’il interprète le terrifiant père de Tom, l’humble cabaretier, un garde ou encore le digne archevêque de Canterbury, il joue de son imposante stature avec maestria, donnant vie et épaisseur à tous ses personnages.


Un petit bémol : Anthony Fabien est plus chanteur que comédien. (Les petites filles dans la salle l’ont apparemment reconnu à son entrée en scène.) Son jeu demande à s’affiner. Il paraît en effet un peu en deçà des autres lorsqu’il joue. Mais c’est vrai qu’on oublie vite ce léger défaut dès qu’il chante : sa voix est réellement magnifique. Une autre m’a particulièrement emballée, celle de Maxime Cohen, superbe voix de basse, qui donne toute sa prestance à Lord Hertford.


Julien Salva assure une mise en scène rythmée et colorée. Voilà du vrai spectacle vivant, rien n’est factice, les interprètes chantent en direct, accompagnés d’un simple piano (bravo à Caroline, la pianiste, une vraie virtuose), pas d’esbroufe inutile, et ça fonctionne. On sent le plaisir réel qu’ils éprouvent tous à interpréter cette œuvre.


Ils sont encore au Théâtre Tallia jusqu’au début mars, alors n’hésitez pas, emmenez vos enfants, vos amis, vous ne serez pas déçus et vous en sortirez avec du bonheur plein la tête. Je souhaite une longue carrière, sur des scènes de plus en plus importantes, à ce spectacle qui vaut largement les grosses productions hypermédiatisées. 


Nicole Bourbon

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le Prince et le Pauvre, d’après Mark Twain

Livret : Ludovic-Alexandre Vidal

Musique : Julien Salvia

www.leprinceetlepauvre.com

Mise en scène : Julien Salvia

Assistant à la mise en scène : Fabrice Todaro

Avec : Robert Aburbe, Aurélien Berda, François Borand, Maxime Cohen, Juliet Coren-Tissot, Arnaud Delmotte, Anthony Fabien, Gaëlle Gauthier, David Kœnig, Lina Lamara, Julia Lozano, Sandrine Mallick, Magali Nardi, Rachel Pignot, Jeanne Reggiani, Carine Robert, Caroline Gaudfrin, Sébastien Ménard, Julien Salvia

Chorégraphe : Johan Nus

Création costumes : Morgane Olivier, Tiphaine Massot, Alice Duval

Création décors : Natacha Markoff

Création lumière : François Noël

Théâtre Tallia • 40, rue de la Colonie • 75013 Paris

www.tallia.fr

Réservations : 01 45 80 60 90

Jusqu’au 9 mars 2008 les mercredi à 15 h 30, samedi à 16 h, dimanche à 14 h 30

Durée : 1 h 15

13 € | 10 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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