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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 00:02

Coloc’ à terre

 

Fabrice Blind est le coauteur avec ses comparses Michel Delgado et Nelly Marre de la pièce « Ma colocataire est encore une garce ! », enième version des démêlés opposant le propriétaire d’un appartement à un couple de pique-assiette. Partant du principe qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Fabrice Blind joue également dans cette pièce. Malheureusement, la pièce ne parviendra pas à décoller et touchera terre rapidement.

 

Parler de ce spectacle m’amène à vous dire toute la déception que j’ai pu ressentir en le regardant. Les personnages sont pourtant bien campés : un propriétaire, Hubert, interprété par Fabrice Blind, benêt à souhait et maladroit ; une garce, Sacha (Marie Pape), qui s’évertue à séduire et à manipuler ce pauvre propriétaire ; et, enfin, l’amant de cette garce, Luigi (Sir John), qui est d’un naturel jaloux et tout aussi calculateur que sa compagne. Or, la gouaille d’Hubert et ses maladresses ont un côté « déjà vu » qui ne m’a pas amusé outre mesure. La bonne surprise vient de Luigi qui apporte de la fraîcheur à chacune de ses apparitions. Sacha, pour sa part, reste dans un jeu conventionnel.


Le texte constitue une des faiblesses de la pièce. Le public est généralement friand de répliques qui « tuent » ou qui font mouche. Alors que dans le cas présent, les dialogues ne font montre d’aucune originalité. Bien au contraire, nous assistons à un jeu entre les comédiens où les répliques font plus penser à des dialogues entendus au bistrot du coin. Les auteurs ont sombré dans la facilité, en surfant sur des faits d’actualité quelque peu galvaudés.


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© Hughes Marcouyau


La mise en scène d’Anne Roumanoff manque cruellement de rythme. Je m’attendais à des rebondissements multiples, mais force a été de constater qu’ils étaient assez rares. Du coup, la pièce ronronnait, avec un jeu d’acteurs mollasson entre Sacha et Hubert qui plombait certaines scènes. Et il fallait attendre à chaque fois l’entrée de l’amant pour redonner du tonus et de l’énergie à une scène qui en avait bien besoin. Un rythme inégal, donc, qui ne sied guère à ce type de comédie.


L’intrigue de cette pièce constitue le point d’orgue de ma déception. En effet, l’argument de cette comédie repose sur un scénario d’une minceur incroyable. Un rien désespérant. Par ailleurs, j’ajouterai que le personnage de Sacha n’était pas tout à fait « garce », comme le titre de la pièce aime à le souligner, mais un rien trop gentil, hormis son larcin final.


Je suis resté sur ma faim, m’attendant à une tout autre comédie. Les auteurs de ce spectacle ont certainement voulu surfer sur leur succès antérieur. Rares sont les suites qui amènent leurs auteurs vers un succès du même type. Ici, le filon semble tari. Je pense que ce qui pourrait résumer tout ceci, c’est cette facilité que j’évoquais. Un peu comme un vin dont le tanin se dissipe dans le gosier, en ne laissant que peu d’arômes en bouche. Pour ma part, on l’aura compris, cette cuvée-là, je n’en reprendrai pas ! 


Laurent Schteiner

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Ma colocataire est encore une garce !, de Fabrice Blind, Michel Delgado et Nelly Marre

Mise en scène : Anne Roumanoff

Avec : Fabrice Blind, Marie Pape, et Sir John

En alternance avec Virginie Franck ou Cécile Batailler, Fabrice Schwingrouber et Foudil Kaibou

Musique : Nicolas Benier

Lumière : François Tual

Costumes : Régina Gothe

Palais des Glaces • 37, rue du Faubourg-du-Temple • 75010 Paris

Métro : République ou Goncourt

Locacations : 01 42 02 27 17

Du 18 janvier au 29 mars 2008 inclus, du mardi au samedi à 19 h 30, matinées à 17 h

28 € |25 € | 20 € |18 € | 10 €

Durée : 1 h 25

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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