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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 20:24

Aimer ou pas ?

 

Offenbach, dans « la Belle Hélène », se livrait à une parodie de l’Antiquité gréco-latine. Philippe Ermelier propose actuellement au Théâtre Tallia une parodie d’Offenbach ! Je m’y suis rendue, curieuse de voir ce que pouvait donner cette parodie de parodie.

 

Anachronismes, contrastes entre le sérieux habituellement associé aux thèmes antiques et des expressions prosaïques ou familières ont toujours été la base de la parodie. L’exemple le plus fameux étant la charade de la scène des rois, où la réponse (« locomotive ») fait dire à Pâris : « C’est très fort d’avoir trouvé ça quatre mille ans avant l’invention des chemins de fer. »


Le texte original est déjà bien loufoque, mais Philippe Ermelier a l’esprit inventif. Il trouve donc à en ajouter : Hélène, devenue une First Lady, rêve de machines à laver, de confort, d’un amant, d’une bonne espagnole, parle de chirurgie esthétique et se fait un masque au concombre. De son côté, le cochon du sacrifice fait l’ouverture, tire le rideau et va chercher les acteurs. Quant aux chorégraphies, elles sont modernes, parfois limite technos, sur fond d’allusions à Claude François et aux incendies en Grèce. Bref, l’action se déroule dans un joyeux désordre, émaillé d’expressions argotiques, entraîné par la bonne humeur des interprètes. C’est décoiffant, complètement déjanté. Accompagné en outre par une pianiste enjouée et très gaie (excellente Akémi Souchay Okumura), qui n’hésite pas à participer et à se mêler de l’action !


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Mais, trop, c’est trop : quelquefois, les jeux de mots frisent le ridicule, la mise en scène est un peu brouillonne et l’ensemble, même s’il est sympathique, manque un peu de finesse. Ce qui m’a parfois gênée aussi, c’est l’interprétation : il faut bien le reconnaître, dans l’ensemble, les comédiens ne sont pas chanteurs et les chanteurs ne sont pas comédiens. À part quelques (rares) belles voix, l’ensemble est assez moyen et la distribution souvent loin d’être crédible. Heureusement, son enthousiasme fait oublier ses imperfections. C’est vrai, on est loin des belles voix de l’opéra, mais sa force, c’est qu’elle ne se prend pas au sérieux.


Car ça fourmille d’idées, l’ambiance est chaleureuse, j’ai beaucoup ri, et l’on sent bien que chacun sur scène se donne à fond. Ça change des spectacles académiques. Et, heureusement, la partition est respectée à 90 %. J’ai donc retrouvé avec plaisir les airs célèbres. En tout cas, on est plus dans le style cabaret que dans celui d’une opérette, et j’avoue avoir passé un bon moment malgré les imperfections. Même si, par instants, j’ai éprouvé la curieuse impression d’assister au spectacle de fin d’année d’une troupe amateur. Au final, j’en suis sortie assez troublée, sans vraiment arriver à démêler si j’avais aimé ou détesté ! 


Nicole Bourbon

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


La Belle Hélène, d’Offenbach

Mise en scène : Philippe Ermelier

Assistant à la mise en scène : Anthony Michineau

Avec :( en alternance) Mimi Roussin, Frédéric Bang Rouhet, Maxime Cohen, Anthony Michineau, David Koenig, Fabrice Todaro, Fabien Ratier, Lætitia Ayres, Laurence Weber, Christophe Tzotzis, Florian Cleret, Alexis Degay, Hubert Weller, Caroline Ledru, Sylvain Combaluzier, Cécile Délétré, Alexis Degay

Chorégraphies : Lætitia Antonin

Direction musicale : Alexis Degay

Théâtre Tallia • 40, rue de la Colonie • 75013 Paris

www.tallia.fr

Réservations : 01 45 80 60 90

Du 30 janvier au 2 mars 2008 : mercredis et jeudis à 20 h, vendredi à 21 h, samedis à 19 h 30, dimanches à 16 h 30

20 € | 16 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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