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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 01:01

Un hymne à la femme ?

 

John Patrick Shanley est l’un des auteurs contemporains les plus joués aux États-Unis. Ce New-Yorkais a beaucoup écrit pour le théâtre et le cinéma. « Femmes de Manhattan », écrite en 1986, est l’une de ses premières pièces. Ce spectacle met en scène trois amies en pleine crise de la trentaine. Tous les clichés sont là : la blonde nymphomane un peu niaise, l’aigrie de service et la fleur bleue en plein chagrin d’amour. Un spectacle qui aborde des sujets féminins très à la mode dans les magazines !

 

undefinedIl m’est difficile de parler de ce spectacle car je ne comprends pas très bien où se situe sa démarche artistique. On a l’impression de regarder un programme télévisé qui évoque sans grande innovation les petits tracas quotidiens de trois jeunes New-Yorkaises. Alors, certes ça se laisse regarder… La représentation dure une heure quarante-cinq minutes et je ne suis pas sortie de la salle, mais cela demeure néanmoins très superficiel d’un point de vue théâtral. J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce genre de spectacle mille fois. Tout (ou presque) est convenu, attendu. Rien de nouveau n’est proposé par rapport à tous les autres spectacles avec trois « nanas dans un appart ». Du décor aux costumes, en passant par les lumières, rien ne m’a surprise.


Par ailleurs, j’ai été assez choquée par une scène durant laquelle une des jeunes femmes arrive sur scène avec un énorme cocard et arbore malgré tout un grand sourire. Elle avoue fièrement que son mari l’a battue et que cela va enfin mettre du piment dans son couple. Je reste stupéfaite par le fait que l’on puisse aborder un tel sujet de façon aussi anecdotique. Je fais partie de ces gens qui pensent que l’on peut rire de tout, mais là il se trouve que ce n’est même pas drôle !


Seule une scène en décalage avec les autres a réussi à attirer un peu plus mon attention. Il s’agit d’une scène de couple durant laquelle le mari part dans un délire tout à fait comique et burlesque sur la cuisson des hamburgers. Son long discours culinaire n’est en fait qu’un prétexte pour étaler ses peurs et ses névroses. Le comédien Walter Hotton a une prise de parole tout à fait différente des autres acteurs, beaucoup moins naturaliste et conventionnelle, beaucoup plus théâtrale… Voilà une scène qui malgré son apparence très légère évoque des sujets existentiels : la difficulté de communiquer, de vivre avec autrui, de supporter la routine…


Cette pièce n’est ni bonne, ni mauvaise, ni drôle, ni grave. Femmes de Manhattan fait partie de ces spectacles en demi-teinte qui manquent terriblement d’innovation et d’engagement. Il me semble que le théâtre a quand même pour vocation de dénoncer, de questionner, de déranger, d’émouvoir. Si, par contre, on décide de faire du divertissement, dans ce cas l’enjeu est au moins de faire rire… 


Jeanne C.

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Femmes de Manhattan, de John Patrick Shanley

Mise en scène : Mitch Hooper

Assistant à la mise en scène : Geoffrey Vigier

Avec : Isabel de Francesco, Blanche Veisberg, Sophie Vonlanthen, Walter Hotton, Marc Stussy

Lumière : François-Éric Valentin

Décors et costumes : Philippe Varache

La Manufacture des abbesses • 7, rue Véron • 75018 Paris

Réservations : 01 42 33 42 03

ou www.manufacturedesabbesses.com

À partir du 24 janvier 2008 du jeudi au samedi à 21 heures

Durée : 1 h 45

20 € | 12 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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