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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 23:06

Invitation au voyage…

 

Dans la pénombre de la salle, une forme lascive se devine allongée sur le piano. Elle semble n’attendre rien. La partie de son anatomie, qu’elle offre à tout regard qui se pose sur elle, nous entraîne irrésistiblement dans le monde de Courbet lors de sa création.

 

undefinedÀ la lueur d’une bougie, la pianiste prend place, aussi blonde que l’autre apparaît sombre, aussi couverte que l’autre se montre dénudée. D’une voix rauque, la forme allongée prend vie sous l’effet de la musique. Le doux feulement d’une femme charnellement libre.


Sophie Balabanian, accompagnée au piano par Léa Litalien, chante les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, sur une musique de Léo Ferré. Ce recueil de poèmes a été publié en 1857. Scandale immédiat. Maintenant, c’est un classique, qui continue d’être source d’inspiration pour nombre de poètes et de musiciens… Baudelaire nous parle d’un homme, animal sensuel, et de cet autre homme, siège de toutes les émotions, et comment ces deux-là peuvent être liés… Il évoque la femme, une femme sensuelle, charnelle, qui l’envoûte, mais reste à jamais inaccessible…


Tant les souvenirs masculins demeurent présents à l’esprit, d’Yves Montand à Léo Ferré, l’exercice pourrait sembler périlleux. Caroline Loeb, qui a mis en scène ce spectacle, n’en a cure. Elle s’approprie ses Fleurs du mal et réalise un spectacle de femme, pour une femme, la chanteuse Sophie Balabanian. En créant une atmosphère intimiste, elle invite au voyage, un voyage qui débute dans le monde de la peinture… De Courbet à l’Olympia de Manet, serions-nous, soudain, dans un de ces salons, comme les représentait Toulouse-Lautrec dans ces tableaux ? Voyage en peinture… Voyage en littérature : ce voyage nous mène tout droit dans l’univers de Pierre Louÿs…


Un piano à queue, quelques tapis et un fauteuil campent le décor. La lumière, ou plutôt l’absence de lumière que donne un éclairage à la bougie, restitue une ambiance sensuelle où se mêlent les ombres charnelles, la voix de l’artiste et le son du piano. Et met en valeur une plastique superbe. Un corps pour lequel sa nudité est le plus bel écrin tant l’artiste apparaît bien dans son corps.


Le choix du lieu, Le Paradis, la plus petite salle du Lucernaire, parachève ce sentiment d’aller autre part et d’être ailleurs, dans une intimité capiteuse et charnelle. Un ailleurs que nous appréhendons à partir de nos cinq sens, ou presque… Un spectacle magnifique qui mène au calme et à la volupté, à voir… Immédiatement, seul ou accompagné… Sans attendre le 14 février ! 


Claire Besse

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Les Bijoux

Paroles : Charles Baudelaire

Musique : Léo Ferré

Adaptation théâtrale et mise en scène : Caroline Loeb

Avec : Sophie Balabanian au chant et Léa Litalien au piano

Le Lucernaire• 53, rue Notre-Dame-des-Champs • 75006 Paris

Réservations : 01 45 44 57 34

Du mardi au samedi à 21 heures jusqu’au 26 janvier 2008 – Le Paradis

Du mardi au samedi à 18 h 30 du 31 janvier au 8 mars 2008 – Théâtre Noir

Durée : 1h10

30 € | 20 € | 15 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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