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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 18:21

Dialogue avec l’invisible

ou quête de l’amour

 

Après le « Jugement dernier » d’Ödön von Horváth monté en 2003 à l’Odéon, André Engel poursuit sa quête métaphysique de l’amour avec le même couple des comédiens épanouis, Julie-Marie Parmentier et Jérôme Kircher, et à travers le conte allemand, recréé avec du génie par Heinrich von Kleist.

 

Dépaysés, les spectateurs retrouvent le théâtre plongé dans la pénombre. Ils avancent péniblement avant de s’asseoir dans les rangées enveloppées de brume, en face d’un décor mystérieux et splendide. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont eux-mêmes mis en scène. Ils auront tous un rôle important à jouer, celui des juges ultimes des personnages, et des acteurs.

 

C’est avec cette image forte du Jugement dernier, laquelle poursuivait toute la création d’Heinrich von Kleist, que le spectacle commence. Suit l’exposition des personnages principaux : tout d’abord, Théobald Friedeborn, le père qui a perdu sa fille, accuse le comte Wetter von Strahl de l’avoir enchantée et enlevée. Ensuite, apparaît le comte en question, qui essaye en vain de s’échapper, la jeune fille ne cessant de suivre ses pas. Et enfin, la petite Catherine de Heilbronn, qui, à l’âge de quinze ans, éprise d’un amour irraisonnable pour le jeune comte, avait quitté sa maison familiale afin de ne plus jamais se séparer de cet être qu’elle aime sans retour…

 

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© Richard Schroeder

 

Tous ces personnages se retrouveront réunis pour exposer leurs fautes et pour dialoguer avec l’invisible. Ils devront répondre au questionnement d’une voix énorme située en haut, derrière le public, et qui s’identifie avec les spectateurs. Ainsi, la recherche légendaire et onirique de l’amour revêt ici les couleurs d’une quête métaphysique ultime.

 

Une histoire incroyable, un conte de fées sur le triomphe de l’amour impossible, sur l’errance des humains, sur la victoire remportée sur la cruauté et le mal.

 

Cette pièce épique de von Kleist, rare et difficilement montable, est un vrai enjeu pour le metteur en scène. Et André Engel réussit à la mettre en espace visuel et sonore avec beaucoup de talent. C’est un théâtre de mots, parfois trop long, mais toujours émouvant. Ce spectacle onirique est enveloppé de mystère grâce à la musique et aux bruitages magnifiques de Pipo Gomes. De même que cette simple légende atteint la profondeur métaphysique de la quête de l’humain grâce à la fabuleuse scénographie de Nicky Rieti. 

 

Maja Saraczynska

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


La Petite Catherine de Heilbronn, de Heinrich von Kleist

Texte français : Pierre Deshusses

Version scénique : André Engel et Dominique Müller

Mise en scène : André Engel

Dramaturgie : Dominique Muller

Assistante à la mise en scène : Céline Gaudier

Avec : Bérangère Bonvoisin, Évelyne Didi, Jean-Claude Jay, Jérôme Kircher, Gilles Kneusé, Arnaud Lechien, Anna Mouglalis, Tom Novembre, Julie-Marie Parmentier, Fred Ulysse

Scénographie : Nicky Rieti

Lumières : André Diot

Costumes : Chantal de la Coste-Messelière

Musique originale : Pipo Gomes

Maquillages et coiffures : Paillette

Réalisation des costumes : Les ADC et David Foussier

Réalisation des décors : Atelier Devineau

Théâtre national de l’Odéon • Ateliers Berthier • 8, boulevard Berthier • 75017 Paris

Métro|RER : Porte-de-Clichy

Réservations : 01 44 85 40 40

www.theatre-odeon.fr/

Du 10 janvier au 23 février 2008 à 20 h du mardi au samedi, à 15 h le dimanche, relâche le lundi

Durée : 2 h 15 (sans entracte)

26 € | 15 € | 13 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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