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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 14:40

Entretien avec David Ayala, comédien


Par Hélène Merlin

Les Trois Coups.com


Formé au conservatoire de région de Montpellier, aux ateliers du Théâtre du Hangar dirigé par Jacques Bioulès (formation Jacques Lecoq) puis au Théâtre École du Passage, il interprète des œuvres d’auteurs classiques et d’auteurs contemporains sous la direction de Geneviève Rosset, Paul Golub, Sandrine Barciet, Joël Dragutin, Jacques Bioulès. Il interprète « Dog Face » dans la mise en scène de Dan Jemmett, puis on le voit récemment dans « Coriolan » (mise en scène : Jean Boillot) et dans « Fantomas revient » (mise en scène : P. Pradinas). Il est le fondateur et le directeur artistique de la compagnie La nuit remue depuis douze ans.

Il interprète le rôle principal dans « Jean la Chance », de Bertolt Brecht, qui se joue au Théâtre d’Ivry-Antoine-Vitez jusqu’au 3 février 2008.

Une phrase m’a intriguée dans le programme donné avant la représentation : il est écrit que Jean est « innocent de l’état du monde et coupable de ne pas pouvoir ou vouloir le combattre. » Moi, je l’ai ressenti profondément victime, du monde, des autres…

Je ne sais pas s’il est vraiment coupable. En tout cas, lui ne se pose pas la question… Il ne veut pas combattre le monde. Il dit juste : « Je veux être humain ». C’est un état d’innocence. Je n’ai jamais pensé que Jean était un idiot. Je pense que c’est un vrai innocent dans le sens presque rousseauiste du terme. C’est-à-dire qu’il voit les choses belles, comme dans une nature primaire de l’humanité, et il dit : « c’est beau ». C’est une vraie question qu’il est curieux de reposer aujourd’hui, dans le sens où, aujourd’hui, tout est laid. On nous présente la vie, les choses, comme belles et vivables, or elles sont laides et invivables. Dire que tout est beau dans un monde invivable, cela est curieux. C’est ce qui m’a plu dans le propos, avec l’enjeu de ne pas en faire un idiot : comment aujourd’hui quelqu’un peut dire que le monde est beau alors qu’il est en voie de destruction. Ce qui est intéressant, c’est que ce soit un innocent qui le dise. Jean se laisse déposséder, certes sans réagir, mais il possède quelque chose que les autres n’ont pas.

Je vous ai vu récemment dans Toto le Mômo, spectacle que vous avez créé d’après les textes d’Antonin Artaud, avec la collaboration des deux metteurs en scène Jacques Bouliès et Lionel Parlier. La manière dont vous avez travaillé le texte et le personnage avec Jean-Claude Fall, est-elle semblable ?

Le travail a été très différent. Jean la Chance est un travail de groupe avec plusieurs comédiens, et c’est aussi une partition musicale avec un orchestre sur scène. Alors que dans Toto le Mômo, je suis tout seul. L’énergie est ailleurs. Mais il y a quand même un endroit où le travail se recoupe : dans la manière de faire passer le texte, même si celui de Jean est constitué de répliques éparses, et que celui de Toto est un long monologue.

Toto le Mômo est un texte qui exprime la colère d’Antonin Artaud, contre le monde, contre la société, l’État, la religion, la médecine… C’est un grand cri de colère. C’est totalement à l’opposé de ce que vous faites avec le personnage de Jean.

Totalement ! C’est ça que j’adore (rire). On m’a souvent donné des rôles d’affreux, de méchants, d’ordures, et là, pour la première fois, on me distribue dans le rôle de quelqu’un de bon et d’innocent, et j’en suis ravi.

Nous aussi !… Quels sont vos projets à venir ?

Je jouerai à partir du mois de mars 2008 le rôle de Satan, dans une adaptation de l’Enfer de Dante, mise en scène par Pierre Pradinas. Et je vais mettre en scène Scanner (nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu), d’après les textes de Guy Debord, que je considère être un auteur majeur de ce siècle.

Est-ce que vous voulez dire une dernière chose ?

Que les gens viennent voir Jean la Chance !… Il a été attesté par le Berliner Ensemble que cela n’a jamais été monté. C’est donc la création mondiale de cette pièce, et elle vaut le détour.

Propos recueillis par

Hélène Merlin


Voir la critique de Jean la Chance par Hélène Merlin

Voir l’entretien avec Jean-Claude Fall


Jean la Chance, de Bertolt Brecht

Compagnie des Treize-Vents • Montpellier

http://www.theatre-13vents.com

Mise en scène : Jean-Claude Fall

Avec : David Ayala, Mihaï Fsu, Patty Hannock, Dominique Ratonnat

Musique : Stephen Warbeck

Scénographie : Gérad Didier

Dramaturgie : Gérard Lieber

Costumes : Marie Delphin et Gérard Didier

Lumière : Martine André et Jean-Claude Fall

Assistant mise en scène : Alexandre Morand

Collaboration à la mise en scène : Mihaï Fsu

Théâtre d’Ivry-Antoine-Vitez • 1, rue Simon-Dereure • Ivry

Réservations : 01 43 90 11 11

Du 7 janvier au 3 février 2008 à 20 heures, sauf les jeudis à 19 h et les dimanches à 16 h

Relâche les lundis et le mercredi 9 janvier 2008

Durée : 2 heures sans entracte

19 € | 12 € | 9 €

Jean la Chance, en tournée

Théâtre de la Manufacture • 10, rue Baron-Louis • 54000 Nancy

Du 20 mai 2008 au 24 mai 2008

Infos : www.theatre-manufacture.fr

L’Enfer, de Gabor Rassov, d’après l’Enfer de Dante Alighieri, mise en scène Pierre Pradinas, avec Romane Borhinger et David Ayala

Théâtre de l’union, C.D.N. du Limousin • 20, rue des Coopérateurs • 87000 Limoges

Du 5 mars 2008 au 16 mars 2008

Infos : http://www.theatre-union.fr

Scanner (nous tournons en rond dans la nuit
et nous sommes dévorés par le feu)
- Cie La nuit remue

Adapté et mis en scène par David Ayala, d’après les textes de Guy Debord

– Du 1er au 12 avril 2008 au Théâtre du Hangar à Montpellier

Infos : www.theatreduhangar.com

– Le 9 mai 2008 au Théâtre 95 • Cergy-Pontoise

Infos : http://www.theatre95.fr/

– Du 18 au 22 juin 2008 au Théâtre Molière-Maison de la poésie

passage Molière • 157, rue Saint-Martin • 75003 Paris

Infos : http://www.maisondelapoesieparis.com

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