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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 11:57

Dans le songe d’un rêveur génial

 

Avec sa dernière création, Philippe Genty nous entraîne dans un long voyage onirique fourmillant d’images et de symboles. Nous en revenons enchantés, avec l’impression d’avoir frôlé d’un peu plus près une vérité essentielle et insaisissable.

 

Tout commence quand Alice, la ventriloque, se rend compte que ses marionnettes n’obéissent plus. C’était elle qui dirigeait, et tout à coup, la situation semble renversée : ce ne sont plus sa logique et son langage qui règnent en maîtres, mais ceux de ses petits sujets. Ils vont bientôt l’entraîner dans un monde étrange et déroutant, où personne ne saura plus qui, d’elle ou d’eux, se trouve aux commandes – à supposer qu’il y ait bien quelqu’un à ce poste.

 

Vous l’avez compris, Boliloc parle de la multiplicité et des mystères de l’identité. Mais au lieu d’en parler avec des mots et des notions abstraites, le spectacle aborde le sujet comme le ferait un rêve : en le mettant en jeu et en corps. Ici, pas de présupposés, pas d’hypothèses à démontrer. Les seuls guides sont l’imaginaire et l’inconscient – celui du metteur en scène et le nôtre. Qui font naître des scènes absurdes, inquiétantes ou dérisoires et dont la polysémie permet à chacun de laisser émerger sa propre histoire.

 

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« Boliloc » | © P. François

 

La mise en scène évoque une sorte de cadavre exquis théâtral. On sent un travail d’improvisation très poussé, auquel a participé toute l’équipe, multipliant les surprises visuelles et sonores. Qu’il s’agisse des marionnettes, des comédiens ou des objets, tout respire le mouvement et la vie. Cependant, l’énergie et la spontanéité n’auraient pas suffi à réaliser un spectacle de cette qualité sans l’extrême rigueur et l’inventivité des techniciens pour résoudre les problèmes liés aux lois physiques du monde réel. Que ce soit sur le plan des matériaux, de la lumière ou du son, l’illusion est, à de rares exceptions près, parfaite.

 

Cette exigence se retrouve également chez les comédiens, qui, outre d’indéniables talents de clown, se révèlent de véritables danseurs, capables de restituer chaque nuance de la musique de René Aubry. Au final, on émerge de ce songe théâtral comme d’un rêve, avec la sensation d’avoir vécu un moment hors du temps – un moment de magie et de poésie, drôle et inquiétant. 

 

Patricia Lavigne

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Boliloc, de Philippe Genty

Cie Genty • 40, rue Sedaine • 75011 Paris

01 43 57 74 43

cie.philgenty@free.fr

Mise en scène : Philippe Genty et Mary Underwood

Avec : Christian Hecq, Scott Koehler, Alice Osborne

Assistant à la mise en scène : Éric de Sarria

Musique : René Aubry

Effets sonores : Olivier Pot

Costumes : Eugenia Piemontese

Régisseur général et son : Olivier Pot

Création lumières : Baptiste Bussy

Construction et régie plateau : Emmanuel Laborde, Philippe Zielinski

Régie lumières : Guislaine Rigollet

Plasticiens : Sébastin Puech, Carole Allemand, Sophie Coëffic

Assistés de : Tomoe Kobayashi, Aurore Huber

Photos et montage vidéo : Pascal François

Atelier scénographie : Sylvie Gubinski, Adriana Tarchala, Mina Jeanjean, Edwige Deygout, Grace Rondier

Avec la participation du lycée d’enseignement professionnel Jean-Rostand

Stagiaire : Calista Sinclair

Théâtre des Célestins • 4, rue Charles-Dullin • 69002 Lyon

Réservations : 04 72 77 40 00

courrier@celestins-lyon.org

Du 9 au 19 janvier 2008, du mardi au samedi à 20 heures, dimanche à 16 heures, relâche le lundi

Durée : 1 h 30

15 € à 32 € | 13,50 € à 29 € | 10 € à 20 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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