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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 13:17

Ni rires ni larmes

 

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Hanokh Levin est un des plus importants auteurs israéliens contemporains. Son œuvre tend  progressivement à se faire connaître en France. On en a un bon exemple à travers « Une laborieuse entreprise ».

 

Cette pièce met en scène un couple usé et pose à travers lui la question de l’effet du temps sur les individus. Il aborde ainsi cette vaste question du vieillissement et de l’usure des sentiments, de ce qui fait le ciment d’un couple à partir d’un certain âge ou après des années de vie commune : la peur de mourir.

 

Ces thèmes qui tournent autour de l’extinction progressive de la vie peuvent apparaître ingrats. Pour autant, Hanokh Levin les traite avec courage et heureusement, car ils sont essentiels. Vous l’aurez compris : nous ne sommes pas dans le glamour. Ce soir-là, on est appelé à regarder la vérité en face loin des faux-semblants et des romantiques à la mords-moi-le-nœud. C’est un texte très cru, sans compromis ni concessions. Il s’agit d’un regard lucide et noir sur la destinée humaine abordée sous l’angle de l’absence de foi et d’amour.

 

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© Arhur Pequin

 

L’humour est, somme toute, là comme un garde-fou, pour rendre cette « laborieuse entreprise » soutenable. Dans ce cadre, Jean-Pierre Berthomier considère que « jouer Une laborieuse entreprise, c’est s’attacher à rendre visible le côté cruel et cynique, comique et burlesque, sans complaisance, du théâtre de Hanokh Levin. Et plus encore que dans ses autres comédies, c’est offrir au public un vrai mouvement – du rire aux larmes. »

 

Si tel était l’objectif, j’émettrai un doute. En effet, je ne sais pas dans quelle mesure ce mouvement – du rire aux larmes – a véritablement été atteint, en particulier pour ce qui concerne l’effet comique. Certes, les acteurs incarnent assez bien la fadeur de M. et Mme Tout-le-Monde, habillés de pyjamas simples et vieillis. Le décor illustre également la banalité de leur vie et la grisaille de leur univers. De sorte que le message est clairement délivré du vide de leur existence dans une mise en scène propre, nette.

 

Un peu trop, peut être. Parce que représenter la banalité n’implique pas nécessairement d’en faire preuve. Il faut pour susciter du rire ou des pleurs un minimum d’accentuation du trait, ou à défaut, des acteurs qui sans être forcément charismatiques, soient plus pétillants ou moins monocordes. Or, là, on s’en tient à une sensation assez diffuse de tristesse et d’écœurement, qui malgré tout n’est pas totalement infidèle à la pièce. 

 

K. R.

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Une laborieuse entreprise, de Hanokh Levin

Texte français de Laurence Sendrowicz

Mise en scène et scénographie : Jean-Pierre Berthomier

Avec : Christine Joly (Leviva), Philippe Lebas (Yona), Jean-Pierre Mesnard (Gounkel)

Assistante à la mise en scène : Anne Courpron

Lumière, décor : Alain-Bernard Billy

Son : Jean-Louis Maurice

Musique : Marc Brochet

Costumes : Pascale Robin

Dramaturgie : Frédéric Vossier

Assistant construction décor : Daniel Graffoulière

Administration : Sonia Billy

Assistante de production : Magdalena Marek

Théâtre Artistic Athévains • 45 bis, rue Richard-Lenoir • 75011 Paris

Réservations : 01 43 56 38 32

Du 27 novembre au 30 décembre 2007

Durée : 1 h 30

30 € | 20 € | 10 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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