La Môme Kalifa
Chanter Piaf. Un défi, un hommage ou simplement parfois une volonté de montrer crânement qu’on en est capable. Pour se faire, des artistes plus ou moins inspirés revisitent inlassablement les mêmes titres. Josette Kalifa préfère prendre une tangente oh combien périlleuse : chanter Piaf à travers des titres peu connus, en s’accompagnant d’instruments orientaux. De ce mélange naît la magie, un spectacle qui fait tomber les frontières tant géographiques que temporelles.
Josette Kalifa. D’entrée de jeu, le mariage patronymique surprend. Difficile de faire plus français que Josette, plus oriental que Kalifa. Le métissage qui va bien au-delà de cette identité est le fil rouge du spectacle, dont le titre lui aussi épouse ce mélange : Piaf Arabysance.
Ce mélange que l’on retrouve aussi dans le choix des musiciens. Le piano à bretelles bien de chez nous est accompagné de percussions bien de là-bas. C’est d’ailleurs surtout ce quatuor d’instrumentistes qui va incarner le brassage culturel, la chanteuse prenant le parti pris très audacieux de rester dans la droite ligne de son modèle : robe noire, déplacements sur scène réduits au strict minimum et une performance vocale puissante. De quoi faire piaffer de joie un public des plus aguerris.
© Franck Bortelle
Car Josette Kalifa chante. Juste et bien. Avec une sincérité parfois bouleversante. Sans chercher la performance. Nul besoin de pousser la note interminablement pour prouver qu’elle a du coffre. Sa puissance vocale s’impose à tous les instants, par sa rondeur, son joli timbre et la sincérité qu’elle y met. Ce qui lui permet d’aborder durant une heure et demie une vingtaine de titres, de Piaf mais aussi de Claude Barthélémy, son directeur musical, qui a composé quelques chansons qui auraient parfaitement convenu à la Môme.
C’est donc un très joli spectacle, que défend cette petite bonne femme au regard canaille et qui honore un double patrimoine musical avec une virtuosité confondante. ¶
Franck Bortelle
Les Trois Coups
Piaf Arabysance
Compagnie Les Mots cuits • 33, boulevard de la Liberté • 93260 Les Lilas
01 42 58 34 80
Mise en scène : Fernando Suarez
Direction musicale : Claude Barthélémy
Avec : Josette Kalifa (chant), Claude Barthélémy (guitare basse, guitare, oud) Sofia Djermaï (oud, mandoline), Khalide Kouhen (percussions), Alexandre Leitao (accordéon)
Création lumières : Michaël Dez
Conception et réalisation graphique : Bruno Paris
Création costumes : Cécile Flamand
Théâtre de la Reine-Blanche • 2 bis, passage Ruelle • 75018 Paris
Réservations : 01 40 05 06 96
Tous les jeudis du mois d’avril 2008 à 21 heures
Durée : 1 h 30
13 € | 9 €
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« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux “Trois Coups” ! Amicalement. » Gilles Costaz, critique dramatique à “Paris-Match”, “les Échos”, “Politis”, “le Magazine littéraire”, “l’Avant-scène Théâtre”…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez le théâtre et vous savez faire partager votre passion… » Marie-Céline Nivière et Dimitri Denorme, “Pariscope”, rubrique « Théâtre »
« “Les Trois Coups”, c’est une pépinière de critiques. Ils sont acteurs, étudiants […], tous raides amoureux de théâtre. Une quarantaine à aller au théâtre et à écrire sur les spectacles. » Jean-Pierre Thibaudat, “Rue 89”, blog “Balagan”
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