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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 02:31

Joyeuses retrouvailles


Par Patricia Lavigne

Les Trois Coups.com


Je n’avais de Guignol que l’image de mon enfance : celle de la marionnette qui jouait des tours au gendarme et donnait des coups de bâton dans le castelet à ciel ouvert du Jardin du Luxembourg. En bref, rien qui m’eut marqué assez profondément pour avoir envie de reprendre contact avec lui à l’âge adulte. Pourtant, attirée par la réputation d’Émilie Valantin, j’ai décidé de me rendre à ce rendez-vous avec l’enfant chéri de ma nouvelle ville d’adoption, histoire de voir si les années nous avaient rapprochés. Et je dois reconnaître avoir passé un très bon moment en sa compagnie.

embiernes2-fw.jpgTout d’abord, j’ai appris que le Guignol d’origine, celui créé à Lyon par Laurent Mourguet en 1808, ne s’adressait nullement aux petits. Et je l’ai appris d’emblée puisque la première saynète – tirée d’un texte d’époque – s’appuie sur un quiproquo grivois rempli d’humour.

On a ensuite suivi d’autres séquences, où le « franc-parler » de Guignol a permis d’égratigner au passage quelques politiques et absurdités sociales de notre temps, le tout dans une langue très imagée, parsemée de ces expressions lyonnaises qui participent aujourd’hui à l’engouement pour Kamelot.

Grâce à la manipulation et aux voix d’Émilie Valantin, de Franck Adrien et de Jean Sclavis, les marionnettes en tissu et papier mâché acquièrent une présence et une personnalité étonnantes (que ceux qui en doutent viennent accompagnés d’un phobique des souris…). Et si les saynètes s’adressent sans doute possible aux adultes, il n’en émane pas moins du spectacle une fraîcheur et une joie qui rappellent la légèreté de l’enfance.

Ici, la raillerie est plus drôle que vraiment méchante, et l’on sent qu’on est là avant tout pour rire et se divertir. C’est d’ailleurs l’une des forces du spectacle d’Émilie Valantin d’avoir su réactualiser Guignol grâce à une adaptation et des textes plus modernes, qui le débarrassent de son côté réactionnaire d’autrefois.

Alors, oui, même si mes goûts en matière de marionnettes ne me portaient pas spontanément vers lui, c’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé Guignol à quelques jours de son bicentenaire et constaté qu’avec les années – et l’aide du Théâtre du Fust – il m’amusait beaucoup plus que dans mon enfance. 

Patricia Lavigne


Les embiernes commencent, d’Émilie Valantin

Théâtre du Fust • chapelle des Carmes • 26200 Montélimar

04 75 01 17 61 | télécopie : 04 75 01 17 61

théâtre@lefust.com

Mise en scène : Émilie Valantin

Avec : Franck Adrien, Jean Sclavis, Émilie Valantin

Théâtre des Célestins • 4, rue Charles-Dullin • 69002 Lyon

Réservations : 04 72 77 40 00

courrier@celestins-lyon.org

Du 6 au 21 décembre 2007 à 20 h 30, dimanche à 16 h 30

Relâches : lundi

Supplémentaires : dimanche 9 décembre 2007, mardi 18 décembre 2007

Durée : 1 h 20

19 € | 16 € | 11 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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