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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 01:02

Concert d’enfance au Théâtre des Célestins

 

L’Orchestre national de Lyon s’invite sur les planches du Théâtre des Célestins pour un concert très théâtral, dans lequel les musiciens, et surtout leurs instruments, deviennent les acteurs de contes enfantins, en particulier celui de « Pierre et le Loup ».

 

Tout commence par le gazouillement léger et doux d’un petit oiseau enfermé dans une cage, qui tombe du ciel. C’est un peu notre enfance qui tombe, avec cet oiseau, du ciel des Célestins, pour réapparaître sur le devant de la scène le temps d’un concert. La cage se suspend au-dessus du joueur d’orgue de barbarie et l’oiseau semble lui inspirer, lui insuffler, la partition musicale de Haydn qu’il interprète. L’orgue de barbarie, placé à la fois à l’écart de l’orchestre et central dans l’interprétation, plein de fantaisie et d’humour, est le signe de l’enfance.


L’humour et l’attitude bon enfant sont effectivement très présents chez les musiciens eux-mêmes, et très à propos. Ainsi, lors de leur interprétation de l’Opus Number Zoo, jeu enfantin pour quintette à vent, de Luciano Berio, ils prennent la parole pour devenir les récitants de brèves anecdotes d’animaux. Ces histoires courtes sont tantôt drôles et légères, comme celle des deux chats de gouttière, Omar et Bartholomé, qui se bagarrent et ressortent de leur lutte « sans queue, sans moustache », tantôt tristes, comme celle de la biche qui se demande pourquoi les hommes se font la guerre.


Pour les raconter, les musiciens passent de la parole rythmée à l’instrument. Les deux se mêlent alors, l’un devenant le prolongement de l’autre. Ce qui préfigure le rôle tenu par les instruments dans Pierre et le Loup. Qu’il est doux d’être ramené à son enfance, bercé au son de ces fascinants « personnages instrumentaux » créés par Prokofiev ! C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé l’oiseau-flûte, le basson barbu du grand-père, le hautbois-canard, le chat-clarinette, le cor du loup, la grosse caisse et les cymbales des chasseurs, et Pierre, non pas interprété par le violon comme le veut l’usage, mais par l’orgue de barbarie.


Et c’est toujours avec beaucoup d’humour que Didier Sandre nous raconte l’histoire. Bien qu’il lui arrive de se déplacer de façon inutile, comme s’il ne savait pas toujours bien où se mettre, tournant en rond (surtout quand il tourne autour de son pupitre), il n’en demeure pas moins un très bon récitant, qui nous fait entendre à merveille, grâce au talent des musiciens, cette jolie histoire de notre enfance. 


Amandine Vincent

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Musique au théâtre

30e pièce pour horloge à flûtes de Joseph Haydn

Quatuor à cordes nº 17, en si bémol, « la Chasse » de Wolfgang Amadeus Mozart

Musica ricercata de György Ligeti

Opus Number Zoo, jeu enfantin pour quintette à vent de Luciano Berio

Pierre et le Loup, conte symphonique pour narrateur et orchestre op. 67 de Serge Prokofiev

Avec : Benoît Le Touzé (flûte), Philippe Cairey-Remonay (hautbois), Thierry Mussotte (clarinette), François Apap (basson), Joël Nicod (cor), Stéphane Pelegri (percussions), de l’Orchestre national de Lyon

Pierre Charial (orgue de barbarie)

Récitant : Didier Sandre

Éclairagiste : Pascal Mérat

Scénographe : Christian Fenouillat

Mise en espace : Claudia Stavisky

Théâtre des Célestins • 4, rue Charles-Dullin • 69002 Lyon

Réservations : 04 72 77 40 00

Dimanche 9 décembre 2007

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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