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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 22:27

Dis, c’était comment le paradis ?

 

L’éternel rapport homme-femme : comment a débuté l’histoire ? Pour répondre, il faut remonter aux origines : Adam et Ève. Telle est la démarche que Mark Twain a retenu quand il a écrit les romans, d’une incroyable modernité, « le Journal d’Adam » (1893), et « le Journal d’Ève » (1905), que Carole Anderson, la metteuse en scène, a adaptés pour le théâtre de manière tendre et drôle.

 

D’abord, il y a Ève, qu’interpréte Clémentine Bernard. C’est « Elle », pimpante et bavarde, qui nomme tout ce qu’elle voit et qui ne cesse de bouger, d’aller et de venir. Puis, il y a Adam, que joue avec talent Jonathan Hume. C’est « Lui ». Il arrive plus tard, distant et taciturne.


Sur la musique de Gerschwin, ces deux créatures, arrivées à peu près en même temps au même endroit, se découvrent et se révèlent. L’amour fait-il partie du rendez-vous ? Pas sûr. À chaque fois qu’elle le voit, elle le poursuit. Lui l’observe à distance et cherche à l’éviter : « Si elle pouvait rester avec les autres animaux. ». Il finira, quand même, par nous révéler qu’elle serait très jolie à regarder, si elle pouvait se taire et s’arrêter de bouger.


adam-et-eve-fw.jpg

© Claire Besse


La couleur noire des pendrillons et des costumes, et le plateau nu mettent l’accent sur le jeu des interprètes, Clémentine Bernard, Jonathan Hume et Coralie Nicot. C’est léger et charmant. Leur jeu est homogène et juste, révélant une mise en scène fondée sur la réactivité du public. Impliquer le public et jouer avec lui est un parti pris qui se défend. Le spectateur se ressent d’autant plus investi qu’il aura eu l’impression d’avoir participé à la représentation de manière plus intense. Mais ce choix trouve sa limite lorsque le public fait défaut. Comme un jour de grève dans les transports publics parisiens, par exemple. D’où un exercice extrêmement périlleux, voire laborieux, pour les comédiens…


Cette pièce de poche a été créée pour une salle de poche, la salle du Paradis au Lucernaire, dont le metteur en scène a su tirer le meilleur parti. Toutefois, elle se joue, actuellement, dans la salle du Théâtre-Rouge, dans le même théâtre, une salle de configuration plus classique, plus grande… Peut-être trop grande ? 


Claire Besse

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Adam et Ève, ou le Journal d’Adam et Ève, de Mark Twain

Chansons de Gerschwin

Mise en scène et adaptation : Carole Anderson

Avec : Clémentine Bernard, Jonathan Hume, Coralie Nicot et Fanny Huard

Théâtre Le Lucernaire • 53, rue Notre-Dame-des-Champs • 75006 Paris

www.lucernaire.fr

Réservations : 01 45 44 57 34

Jusqu’au 5 janvier 2008, du mardi au samedi à 18 h 30

Spectacle joué en anglais le mardi

Relâche dimanche et lundi

Durée : 1 h 10

10 € à 30 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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