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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 16:02

Un show au vitriol frelaté


Par Franck Bortelle

Les Trois Coups.com


Auteur qui ne fait ni dans l’approximation ni dans la dentelle, excellent comédien, Didier Bénureau, après des passages remarqués devant les caméras de Chabrol, Poiré ou encore Valérie Lemercier, remonte sur les planches pour dresser un portrait de cette nouvelle engeance, coincée entre prolos et aristos : les bobos. Ça s’annonce saignant. L’hémorragie prend hélas des allures de petits saignements, qui ne font pas grand bobo.

Marie-Fleur, résidente du XVIIe arrondissement de Paris, figure emblématique du quartier des Batignolles, s’adresse à un public soudanais pour lui faire entendre ses préoccupations d’écolo. Ça démarre fort. C’est drôle, très bien écrit, et le comédien, sans en faire des caisses, s’accommode à merveille du décalage entre son physique et celui du personnage incarné. Viennent ensuite une cinglante diatribe à l’endroit des présentateurs télé aux physiques archistéréotypés et une parodie de chanson à la façon de Vincent D. Jusque là tout va bien. Le titre du spectacle est justifié : on est là pour se regarder dans le miroir que nous tend l’amuseur et tester notre sens de l’autodérision, plus que pour se bidonner avec détachement sur le compte de cette nouvelle engeance à laquelle nous appartenons tous ou presque…

didier-benureau-fw.jpg

© Photo : Crapule

Hélas, plus on avance dans le spectacle, moins on accroche. Tout part en vrille. D’une part, à cause d’une série de sketches qui n’ont rien d’inédit puisque présents dans le précédent spectacle Pour Moralès (« la Belle-mère 1 et 2 », « Coqueteau », « la Chanson catho ») ; d’autre part, parce que le texte se noie dans une mise en scène qui s’étire, qui s’étiole sous des beuglements et agitations, là où elle devrait au contraire se resserrer et donner au mot toute sa valeur. Du coup, ces fanfaronnades prennent des airs de remplissage, comme une course contre la montre pour respecter tant bien que mal un cahier des charges.

Dommage, car l’ennui est tel qu’on en oublie bien vite ce qu’il reste à sauver de cette mascarade, notamment le portrait désopilant d’une épouse de député complètement torchée, qui n’hésita pas, pour aider son mari, à pomper Pompidou. Finalement, cet état des lieux des bobos, qui se voulait cinglant, n’est qu’un galimatias plus étouffe-chrétien qu’anticlérical. D’où parvient difficilement à émerger la dimension absurde et cinglante du texte, faute de précision dans la mise en scène (signée Xavier Durringer, écrivain de théâtre et metteur en scène de cinéma). 

Franck Bortelle


Bobo, de Didier Bénureau et Dominique Champetier

Mise en scène : Xavier Durringer

Textes : Éric Bidaud, Anne Gavard-Pivet, Didier Bénureau, Dominique Champetier

Lumières : Orazio Trotta

Musique : Julie Darnal, Didier Bénureau

Théâtre du Splendid • 48, rue du Faubourg-Saint-Martin • 75010 Paris

Réservations : 01 42 08 21 93

Jusqu’au 5 janvier 2008, du mardi au samedi à 21 h 30, le samedi à 18 heures, les 23 et 30 décembre 2007 à 18 heures, le 31 décembre 2007 à 21 h 30, relâche le 1er janvier 2008

Durée : 1 h 25

17 € à 26 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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