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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 11:19

Le combat d’un homme de théâtre

 

Invitée à la conférence de presse de Roger Planchon pour la présentation de son spectacle « Amédée ou comment s’en débarrasser », d’Ionesco, je m’y rendais d’autant plus volontiers que je suis une de ses ferventes admiratrices depuis l’aventure du Théâtre de la Cité à Villeurbanne, du temps de ma jeunesse.

 

Accompagné de Virginie Hérady, son attachée de production, il nous reçoit avec simplicité. C’est plus une conversation amicale qui s’installe qu’une réelle conférence de presse. Il nous parle bien sûr du spectacle, d’Ionesco, de cette pièce si particulière qu’elle est rarement montée. En effet, elle comprend deux personnages principaux, accompagnés au troisième et dernier acte de sept comparses, qui ont très peu de répliques chacun. Il est donc difficile de trouver des comédiens intéressés. Cela augmente aussi d’autant le budget. « Seule une compagnie permanente comme la Comédie-Française pourrait se le permettre » commente-t-il.


roger-planchon-fw.jpg


Comment a-t-il résolu ce problème ? Par une astuce de mise en scène que je ne dévoilerai pas ici, préférant laisser aux spectateurs le plaisir de la découvrir. L’argent ? « Cela a toujours été un souci permanent » confie-t-il, rappelant qu’à ses débuts il s’était retrouvé avec douze millions de dette. « Que j’ai intégralement payés », précise-t-il avec fierté. Revenant à Amédée, il nous apprend qu’il l’a déjà monté à sa création, en 1955, au Théâtre des Marronniers, et que Ionesco l’avait vu et aimé. « C’est très émouvant de la reprendre si longtemps après. Cette pièce, c’est une des plus jolies fables sur le couple, supérieure à mon avis aux Chaises. Elle est à la fois drôle et profonde. Tout le comique du xxe siècle est là. Les deux premiers actes sont un vrai chef-d’œuvre. Il y a une vraie invention avec ce cadavre qui grandit, dont on ne sait ce qu’il est : leur amour, la faute, le temps qui passe ? Le temps qui est pour Ionesco le châtiment indissociable du péché. C’est Colette Dompiétrini qui interprète le rôle de Madeleine, et Patrick Séguillon le facteur. Ce sont des fidèles parmi les fidèles. »


La fidélité, c’est ce qui fait l’esprit de l’équipe de Roger Planchon. Colette Dompiétrini est dans la « bande à Planchon » depuis les débuts. « Elle a un talent fou. Elle a renoncé à une carrière à Paris, elle a fait le choix de rester. » C’est Planchon lui-même qui interprète Amédée, lui que le plaisir des planches n’a jamais quitté. Toute sa vie, il a à la fois écrit, mis en scène et joué. Sans hésiter à se lancer dans des aventures un peu folles, comme la création de Rhône-Alpes Cinéma, structure de coproduction qu’il a imaginée en 1990 pour décentraliser le cinéma en région.


Car la décentralisation, c’est son credo. C’est pourquoi il est toujours resté à Villeurbanne, résistant aux appels des sirènes de Paris. En 2002, il construit le Studio 24, qui propose un studio pour les tournages en intérieur et une salle de spectacle. Et où il va donner, du 7 au 20 décembre, Amédée ou comment s’en débarrasser


Nicole Bourbon

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Amédée ou comment s’en débarrasser, d’Eugène Ionesco

Cie Roger-Planchon

cierogerplanchon@studio24.fr

04 78 30 85 65

Mise en scène : Roger Planchon

Avec : Roger Planchon, Colette Dompiétrini, Patrick Séguillon

Régie costumes : Audrey Losio

Décor créé et réalisé au TNP

Régie lumière : Sylvain Gorant

Musique de scène : Stéphane Planchon

Directeur technique : Christophe Coupeaux

Régie générale plateau et accessoires : François Bancilhon

Au Studio 24 •  24, rue Émile-Decorps • Villeurbanne

www.studio24.fr

Du 7 au 20 décembre 2007 à 20 heures, les dimanche à 16 heures

Relâche les lundis 10 et 17 décembre 2007

Discussion avec les comédiens après les représentations les mercredis 12 et 19 décembre 2007

Réservations : 04 78 30 85 65

21 € | 15 € 

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