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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 23:13

« Le Chien bleu »,

de Lionel Parrini

 

L’histoire :

Elle ne se souvient plus de son propre nom, ni même du nom de l’appareil qui chauffe en trente secondes la nourriture, ça aurait pu être Alzheimer, mais c’est une maladie encore plus populaire et plus fréquente : la solitude.

 

C’est cet état d’errance qui la distrait, la pousse à combler l’ennui par une occupation qu’elle s’est trouvée depuis quelques années et qui est profondément ordinaire : jouer avec son chien. Ce chien qui n’est qu’un chien, mais qui est la seule chose à laquelle elle s’accroche, ce chien qui a toutes les qualités – et pour preuve il est bleu –, ce chien extraordinaire, son chien, le sien, rien que pour elle. Toutes les autres choses qui l’entourent l’agressent, surtout – et c’est un comble – depuis qu’elle le cherche justement, ce chien, car il a fini par foutre le camp suite à un malentendu dans la baignoire…

 

Elle ne cessera alors de réfléchir à cette fugue énigmatique, elle ne fera que ça : réfléchir et chercher son chien obsessionnellement. Pas d’autre intrigue que celle-ci, très désordonnée, exactement comme sa vie elle-même, que nous découvrons au fur et à mesure par sa détresse, qu’elle dévoile avec un humour décalé, cassant, absurde.

 

Un être secoué par cette déchirure, cette ultime blessure par laquelle toutes ses frustrations et souffrances jaillissent avec folie. Une perte terrible qui enlève à sa vie le sens qu’elle avait bien voulu lui donner et qui cache en réalité bien d’autres désillusions encore. Mais cette douleur a heureusement un effet bienfaiteur : elle est purgative, car elle ose enfin dire ce qu’elle a toujours refoulé !

 

La pièce devient alors un exutoire total, où le désordre s’amuse à brouiller les pistes : les fantasmes et les réalités flirtent ensemble. L’humour noir s’invite pour jouer les trouble-fête, mais, imperturbable, comme les personnages de dessins animés qui après une chute de 300 mètres se relèvent, cette femme robuste, malgré une vie difficile, résiste.

 

Elle résiste à la fatalité, à ce qui est – soit disant – joué d’avance. Elle se relève, elle relève le défi : elle veut son bonheur, elle fera tout pour ça. À commencer par se reconstruire, sortir de chez elle, de sa poubelle, pour transformer sa douleur en rage de vivre. Une rage qui fera naître en elle une petite lueur bleue : l’espoir.

 

La production

www.tortutrankil.com

L’auteur

www.lionelparrini.com

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Théâtre de Tatie • 19, quai de Rive-Neuve • 13007 Marseille

Réservation : 06 238 236 62

Les 4, 11 et 18 décembre 2007 à 20 h 45

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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