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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 23:46

Au Zèbre de Belleville, un concert-spectacle

des plus réjouissants

 

En première partie, « Cédric » arrive avec sa guitare et nous présente ses chansons, qui parlent du quotidien dans tout ce qu’il a de poétique et d’humain. Les arrangements rappellent la folk américaine, et la chanson française de Brassens : un bon mélange. La simplicité de la chanson bien ciselée et la convivialité du chansonnier permettent de partager un moment de poésie. Cette première partie, inattendue (un autre chanteur s’est décommandé) mais bienvenue, a réussi à nous charmer. Merci, Cédric !

 

Alors que le décor était resté inutilisé en première partie, il trouve tout son sens lorsque Hervé Lapalud investit la scène. Une petite maison aux fenêtres illuminées, un peu de gazon et une corde à linge d’où pendent des poissons bleus et une boîte en fer, voici le monde de Lapalud le temps d’un concert. Et la lumière devient aussi partie intégrante du show, illustrant les humeurs différentes des chansons.


L’humour et l’énergie d’Hervé Lapalud sont contagieux, ainsi que son sens du spectacle. Nous assistons autant à une mise en scène de l’espace qu’à une mise en scène de la voix, qui change selon les circonstances. Celle d’un rockeur hystérique dans la chanson Joyeux Noël, une voix style Barbara dans J’t’ai dans la peau, et des interprétations plus sobres pour des chansons comme La vie continue.


lapalud-critique-fw.jpg


Le jeu de scène n’empêche pas Hervé de rester toujours sincère et de s’investir complètement dans chacune de ses chansons. Il se risque à nous inviter dans son monde, plutôt que de simplement nous présenter des mélodies, et ça remporte un vrai succès chez le public, qui, petit à petit, se risque lui aussi à participer au spectacle, en fredonnant des refrains, en répondant aux questions que lance Hervé. On sent l’influence du théâtre de rue dans ce spectacle, car ce « facteur de chansons » sait faire participer son public. Et on lui est reconnaissant de nous faire une place importante au sein du spectacle.


Revenons-en aux chansons elles-mêmes. Traitant de thèmes variés, les chansons se succèdent sans se ressembler, tout en étant en accord les unes avec les autres. Les petits intermèdes parlés de Lapalud tissent les chansons ensemble, ainsi que toute la mise en scène, bien sûr. Les arrangements de guitare viennent soutenir des paroles rimées imaginatives et poétiques, qui font sourire, carrément rire parfois. Et puis d’autres petites phrases plus mélancoliques, ou plus politiques, toujours très bien intégrées dans le corps des chansons. La vie quotidienne, les chansons d’amour et de rupture, des hymnes à la vie, autant de thèmes abordés avec tendresse.


Cette version acoustique du concert, avec la guitare comme principal instrument (et un instrument surprise qui ne sera pas dévoilé ici), permet de se concentrer sur les paroles de Lapalud. Mais, en écoutant son nouvel album « Invendable », d’où sont tirées de nombreuses chansons figurant dans le spectacle, j’ai aussi beaucoup apprécié les arrangements qui mêlaient accordéon, violoncelle et cuivres de jazz. L’album enregistré souligne davantage les influences musicales venues d’Afrique. En écoutant l’album, je me suis posée la question… à quand le concert en big band ? 


Anne Losq

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Hervé Lapalud en concert à Belleville

Le Zèbre • 63, boulevard Belleville • 75011 Paris

01 43 55 55 55

Dates dans le cadre du festival Détours de chant à voir sur le site www.hervelapalud.com

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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