Le Bihan, ce trublion nécessaire
Dans une ambiance chaleureuse et enfumée, soirée noire ce jeudi 20 septembre au Kaspeck Myzik. Jean-Marc Le Bihan a ouvert la saison.
Sa générosité avérée a permis à C. Lénite, jeune slameuse, de s’exprimer en première partie. Ses mots ciselés, ses propos engagés, sa vision sombre de la vie ont atteint le public. Les péchés de jeunesse de C. Lénite, à savoir la diction et le rythme de la musique des mots, n’ont pas empêché ses textes de nous toucher.
Puis ce fut le tour de Jean-Marc Le Bihan, aficionado de la rue et de la chanson populaire engagée, comme nous disions dans les années 1970, depuis trente ans maintenant. Avec une apparence à mi-chemin entre Léo Ferré et Moustaki, avec son phrasé particulier entre chant et déclamation ou slam, comme on dit aujourd’hui, la colère est intacte. Le texte prime sur la mélodie, qui s’apparente plutôt à une ambiance musicale. Il défend toujours les causes qu’il ne veut pas perdues, comme l’ouvrier, le travailleur émigré, la vieille putain…
La veine sur le front qui palpite, il n’est plus le jeune loup excité, mais le vieux sage que son public écoute. La voix cassée par tant de rue, ce trublion nécessaire fait partager sa vision triste et noire du monde à un parterre de convaincus. Bien sûr, le monde a changé et la lutte des classes n’a plus vraiment de sens, mais ce sont bien les Le Bihan qui nous amènent peut-être à réfléchir sur la place du poète, du chanteur ou tout simplement de l’artiste dans notre société.
Oui, Jean-Marc Le Bihan a toujours autant de cris, de force, de révolte à partager, mais à mezzo voce. ¶
Esther Mano
Jean-Marc Le Bihan
Accompagné de ses musiciens :
David Rivière : arrangements, piano
Balthazar Le Bihan : basse
Pierre Vanaret : batterie
Gille Lakaskad : « boîte à meuh »
Kaspeck Myzik • 20, montée Saint-Sébastien • 69001 Lyon
Contact : 06 62 75 04 22
« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux “Trois Coups” ! Amicalement. » Gilles Costaz, critique dramatique à “Paris-Match”, “les Échos”, “Politis”, “le Magazine littéraire”, “l’Avant-scène Théâtre”…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez le théâtre et vous savez faire partager votre passion… » Marie-Céline Nivière et Dimitri Denorme, “Pariscope”, rubrique « Théâtre »
« “Les Trois Coups”, c’est une pépinière de critiques. Ils sont acteurs, étudiants […], tous raides amoureux de théâtre. Une quarantaine à aller au théâtre et à écrire sur les spectacles. » Jean-Pierre Thibaudat, “Rue 89”, blog “Balagan”
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