Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 20:31

Vous n’avez rempli les conditions

pour obtenir vos droits,

vous êtes radié !

 

Aujourd’hui, lundi 23 juillet 2007, à 398 heures de veille, nous décidons de stopper l’action des « veilleurs », faute de mobilisation de la part des personnes concernées, à savoir des milliers d’artistes, techniciens, et publics présents sur le Festival d’Avignon.

 

Bien que difficile à porter depuis les premières heures, cette action n’aura cependant pas été vaine.

 

Pendant plus de dix-sept jours en effet, la flamme vacillante de la résistance aura brillé sur le parvis du palais des Papes. Petit grain de sable dans la chaussure de l’excellence culturelle, toujours là pour rappeler qu’il ne suffit pas de magnifier la résistance de René Char soixante ans après la guerre […]. Petit grain de sable pour rappeler qu’il n’est plus suffisant selon nous, pour être « engagé », de payer sa place 36 euros à la cour d’honneur pour voir de jolis spectacles engagés, quand les metteurs en scène de ces mêmes spectacles n’ont pas même le courage de lire un texte à la face de la ministre de la Culture, escortée il est vrai de plus de 20 policiers.

 

Plus de dix-sept jours de « veille » donc, 20 000 tracts distribués, des dizaines de discussions amorcées, un vrai travail de fourmi pour des dizaines de « veilleurs », qui se seront relayés parfois dans des conditions éprouvantes, cela n’est pas rien.

 

Et même si le constat de la fatigue et de la démobilisation des acteurs de nos métiers est cinglant et bien réel, et montre qu’une majorité de faiseurs, d’usagers et de consommateurs de la culture n’ont rien à faire du démantèlement de la protection sociale des salariés précaires, si c’était à refaire, nous le referions.

 

Parce que nous ne transigerons jamais face à la disparition du sens-sible, aux fermetures des festivals, au désengagement de l’État, à l’augmentation du divertissement télévisuel, à la déréglementation du Code du travail pour l’ensemble des salariés précarisés (intérimaires, contrats d’avenir, RMIstes…). Les smicards de la culture représentent 80 % de la profession aujourd’hui (spectacle vivant, audiovisuel, cinéma) et les 20 % qui restent se gavent d’indemnités chômage peu nécessaires à leur survie. Prenez vos mouchoirs, citoyens, et dormez tranquilles, les médias veillent…

 

Le réveil sera douloureux dans cinq ans et peut-être dix.

 

Lucie Aubrac disait que « résister se conjugue au présent ». Cette phrase a une résonance qui se doit de réveiller nos cinq sens, nos consciences et nos existences. Tous les clignotants sont au rouge, nous devons dépasser la ligne jaune et activer nos réseaux de résistance quelles qu’en soient les formes.

 

Les droits sociaux ne sont pas tombés du ciel, rien n’est jamais acquis, restons debout, dignes, et ne plions pas sous l’effet de la peur et de l’ignorance.

 

Rendez-vous en septembre pour résister ensemble dans la rue, au travail, à l’école, dans les campagnes…

 

Sud Culture 84, Avignon, le 23 juillet 2007

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Sud Culture Vaucluse

04 90 14 00 47 | 06 89 30 74 90

Permanence tous les vendredis de 9 heures à 12 heures

6, impasse Pétrarque (avenue Saint-Ruf) • 84000 Avignon

sudculture84@no-log.org

Partager cet article

Repost 0
Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher