Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 21:34

Pinocchio sauvé par les mauvais garçons

 

Entre Guignol, commedia dell’arte et opéra de rue, le « Pinocchio » de Gilles Ramade s’inscrit dans la lignée des spectacles populaires itinérants. Suite de saynettes tirées du récit de Carlo Collodi, il nous entraîne dans un univers enfantin au rythme d’une bande-son exceptionnelle. Dommage que le reste ne soit pas toujours à la hauteur.

 

m--saventuresdepinocchio-web.jpgÀ peine entrés dans la salle, les enfants se taisent, happés par la musique et fascinés par le castelet au centre de la scène. Puis, trois coups résonnent : le spectacle commence. Apparaissent alors deux compères, qui, entre bouffonneries et chansons, nous content rapidement la naissance de Pinocchio, avant d’être interrompus par l’arrivée de Mangefeu. Quelques menaces, la crainte de voir notre héros jeté aux flammes comme une vulgaire bûche, la pitié du marionnettiste pour le pantin, et nous voilà embarqués dans les mésaventures de Pinocchio au rythme joyeux de la musique.

 

De toute évidence, les enfants sont ravis. Encore plus, peut-être, quand un personnage, comme au Guignol, les prend à parti et leur demande s’ils ont été sages. Les adultes, en revanche, hésitent. Certes, ils sont eux aussi conquis par les rythmes entraînants, l’énergie et le jeu clownesque du chat et du renard. Mais comment ne pas remarquer, à côté des trouvailles musicales et scénographiques, la quasi-inexistence de Pinocchio ? S’agit-il d’un parti pris de mise en scène ? D’une manière de nous faire comprendre qu’il n’est qu’un pantin manipulé par son entourage ? Ou plus simplement d’un problème de direction d’acteur ?

 

Quoi qu’il en soit, le héros semble bel et bien négligé au profit de ses compagnons. Dissimulé par un masque blanc au long nez et chaussé de souliers d’une étonnante banalité sous son costume, Pinocchio ressemble à une coquille vide autour de laquelle évoluent un renard et un chat débordants de vitalité. À tel point qu’on finit par ne plus regarder qu’eux. Ne plus attendre qu’eux. Même les moments poétiques de l’histoire : la rencontre avec la fée bleue, les retrouvailles avec Geppetto, la transformation du pantin de bois en enfant ne parviennent pas à leur voler la vedette.

 

Et, finalement, les dernières notes de musique résonnent sans que l’on ait vibré ou partagé une seule émotion avec Pinocchio. Alors, on quitte la salle un peu déçu, avec l’envie de se précipiter sur le CD de la bande-son et le regret d’avoir découvert un peu trop tôt le spectacle. Peut-être y retournera-t-on le jour où tous les personnages seront aussi aboutis que le chat et le renard. 

 

Patricia Lavigne

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Les Mésaventures de Pinocchio, de Carlo Collodi et Gilles Ramade

Figaro and Co • Théâtre musical de Pibrac • BP42 • 31820 Pibrac

05 61 07 43 63 | 06 86 84 02 16

figaroandco@wanadoo.fr

www.figaroandco.com

Mise en scène : Gilles Ramade

Interprètes : Loïc Laporte, Johann Nicol, Anna Ramade, Fabrice Chikhaoui, Olivier Maraval

Costumes : Nicolas Delas

Lumières : Ariel Moulin

Lucernaire-Avignon|Théâtre Notre-Dame, salle rouge • 13, rue du Collège-d’Annecy • Avignon

Réservations : 04 90 85 06 48

Du 6 au 28 juillet 2007 à 13 h 30

Durée : 1 h 10

15 € | 10,5 € | 8 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher