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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 15:25

« Presque trop sérieux »,

de Damien Luce,

à Paris, en septembre 2007

 

« En ce temps-là, la nuit n’était qu’un rideau bleu pendu au mur. À la maison, il n’y avait pas d’horloge. Pour égrener les heures, tu n’avais que la voix de ta mère, ces fragments d’images qu’elle déposait chaque soir sur tes cils, et que tu recomptais dans tes songes tel un collectionneur d’étoiles. Rappelle-toi…

 

Tu m’a quittée un jour pour un monde sans couleurs. Et je reste dans une chambre oubliée de ton passé. Une chambre où tu m’as enfermée à double tour, et où tu ne reviens plus. Une chambre où je t’attends, moi, ton enfance. » Ainsi commence Presque trop sérieux

 

Pierre et Solange ont vieilli. Chaque nuit, à l’instant où ils s’endorment, l’enfant qu’ils ont été se réveille dans une chambre imaginaire, lieu de la pièce. On comprend que les deux vieillards s’endorment pour la dernière fois. Au matin, ils seront morts, et viendront alors retrouver leur double enfantin dans cette chambre. C’est leur ultime rendez-vous.

 

presquetropserieux-web.jpg

 

En attendant que, de l’autre côté, finisse leur vie d’adulte, Pierre et Solange passent le temps. Pierrot joue seul aux échecs, pianote entre deux souvenirs, Solange lit, dessine, danse. Ils évoquent leur passé commun : leur rencontre, leur enfance qu’ils ont respirée d’un même souffle. La nuit passe. Pierre et Solange parlent de leur mère, de leur père, de leurs jeux. Ils comptent leurs souvenirs comme l’on passe en revue ses petits soldats.

 

Presque trop sérieux est un dialogue de la nostalgie, une réminiscence de cette époque toujours un peu mystérieuse, parfois miraculeuse, qu’est notre enfance. Ce texte imagé s’adresse à cette part de chacun d’entre nous qui se souvient de notre commencement. En ce sens, il est susceptible de toucher bon nombre de spectateurs, par la charge émotionnelle et sentimentale qu’il transmet. L’enfance, quelle qu’elle soit, n’est jamais surannée. Elle est atemporelle, car nous la portons avec nous à travers la vie. Cette pièce tente d’en retrouver la magie, et éclairera peut-être (nous l’espérons !) le spectateur sur sa propre enfance. Si un peu de la saveur de ses jeunes années lui revient au cœur, notre but sera atteint. Ces lignes s’adressent à ceux qui ont le sentiment, tout comme l’auteur, que grandir n’était peut-être pas la meilleure façon de vivre longtemps…

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Voir la critique de Franck Bortelle pour les Trois Coups


Théâtre de Nesle • 6, rue de Nesle • 75006 Paris

Du 12 septembre au 13 octobre 2007

Du mercredi au samedi à 21 heures

Réservations : 01 46 34 61 04

Tarifs : 20 € (tarif réduit : 15 €)

Sudden Théâtre • 14 bis, rue Sainte-Isaure • 75018 Paris

Du 7 au 25 novembre 2007

Du mercredi au dimanche à 21 heures

Réservations : 01 42 62 35 00

Tarifs : 24 € (tarif réduit : 17 ou 12 €)

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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