ACCUEIL | POURQUOI CE JOURNAL ? | L’ÉQUIPE DES RÉDACTEURS | LE LIVRE D’OR | NOUS ÉCRIRE | NOUS SUR FRANCE CULTURE | NOUS SUR « LE MONDE »
« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Jocouff
Fille d’immigré italien, Venera Battiato trace le portrait de la vie dans l’Italie de son enfance et l’arrivée en gare de Metz au beau milieu de la neige. Sans aucun
misérabilisme et, au contraire, avec un émerveillement permanent, elle relate l’arrivée de sa famille en Lorraine après un long voyage en train. Ils s’installeront à Jœuf. Pour des immigrés
italiens, le nom est étrange et sa graphie incompréhensible. Les voilà qui confondent ce drôle d’e qui se mélange à l’o. Ils habitent donc Jocuf, qu’ils prononcent
Jocouff.
Sur place, ce ne sera pas facile. Une institutrice s’en prend à la petite Venera, qui s’imagine passer le bac et aller à l’université. Elle lui fait savoir avec rudesse qu’elle n’y arrivera pas. Alors la gamine décide d’affronter l’enseignante et, un matin, refuse de faire le signe de croix. La maîtresse insiste, la gamine tient bon. Scandale, punition. Plus tard, Venera ira effectivement à l’université et sera fière d’inviter son père à l’opéra sur la place Stanislas, à Nancy, pour y entendre Rigoletto. Ce sera une soirée homérique. Le père se lève pour chanter, pour encourager les acteurs, pour manifester son soutien. Sa fille essaye de le faire taire, rien à faire.
Les vacances voient toute la famille retourner en Sicile et revenir les valises pleines des provisions du pays, l’huile d’olive, la charcuterie, le fromage. Ils rentrent avec des bouts de Sicile dans le cœur et retrouvent leur vie française. Comme le dit elle-même la conteuse : cette histoire était inscrite dans chaque recoin de mes mémoires, je lui ai juste ouvert la porte.
La longue pratique de la danse et du mime qu’a Venera Battiato ne passe pas inaperçue. Il s’agit bien d’une conteuse, comme le confirme l’adresse directe quasi permanente qu’elle utilise en direction du public, mais d’une conteuse qui bouge, qui montre, qui esquisse d’un geste un sentiment ou un paysage. Ce qui pourrait être une surcharge devient ici une qualité. Il me semble qu’il pourrait même y avoir encore plus d’expression plastique dans tout ça. Venera chante également en italien et fait ainsi profiter l’auditoire de la beauté des sonorités de la langue de nos voisins transalpins. En un mot, Venera Battiato livre, avec une grande honnêteté, une part nostalgique et tendre de ses souvenirs. ¶
Gille Crépin
Les Trois Coups
L’Ultima Bumma, de Venera Battiato
Volte-face • 7, rue Albert-Montagnier • 69300 Caluire
04 78 29 45 43 | 06 88 87 32 92
Interprète : Venera Battiato
Musique : Marc Séchaud
Espace Saint-Martial • 2, rue Henri-Fabre • Avignon
Du 18 au 28 juillet 2007 à 22 heures
Durée : 1 heure
14 € | 10 €
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
Lire la suite.
Derniers commentaires