Léger comme le souffle,
puissant comme le vent
Une approche théâtrale dans la tradition du tao, où souffle et unité se conjuguent pour toucher la perfection.
Formée aux arts chinois traditionnels (qi gong, tai-chi-chuan, danse ya yueh, calligraphie) et à ceux du mime occidental (auprès de Marcel Marceau et Jacques Lecoq,) Sun Li-tsuei a développé son propre style théâtral à partir de ses expériences et de son intérêt pour les philosophies taoïstes et bouddhistes.
Inspirée d’anciennes légendes, l’histoire de Shan-Zai Dragon se situe à la convergence de cette recherche esthétique et spirituelle, puisqu’elle raconte les aventures d’une guerrière en quête du dragon, symbole d’harmonie. À travers des aventures s’étendant sur plusieurs réincarnations, l’héroïne nous fait découvrir un monde empreint d’équilibre et de beauté, où le souffle crée et recrée sans cesse la vie.
Ainsi, assistons-nous à des combats épiques avec l’animal mythique, magnifiquement figuré par un comédien masqué, à une naissance émouvante de vérité et de sobriété, au passage d’un enfant à l’âge d’homme, à l’émergence du désir… Et toujours le cycle recommence, ponctué par le rythme de l’eau qui s’écoule et des instruments des deux musiciens sur le bord de la scène.
En dépit d’une temporalité déroutante et d’un symbolisme peu familier, nous franchissons la porte de ce monde inconnu sans la moindre difficulté, guidés par finesse et la précision du jeu des comédiens. Ici, chaque son a une raison d’être, chaque gestuelle, une signification. Un mouvement de tête, le clapotis de l’eau, une note de musique, tout concourt à l’émergence de la perfection.
Et peu importe notre ignorance concernant le tao, la méditation ou les arts martiaux chinois, puisqu’il suffit de se laisser porter. Ne pas chercher à comprendre, à analyser, juste s’abandonner à la beauté des images et à l’inspiration des musiciens. Se laisser bercer par le souffle intérieur.
Seul regret, mais de taille : la présence dans la salle d’un appareil photo têtu et crépitant, brisant la pureté des silences. ¶
Patricia Lavigne
Shan-Zai Dragon, de Sun Li-tsuei
Shang Orientheatre • nº 10, Lane 67, Pingiing St., Shihlin Disc. • Taipei 111, Taiwan, R.O.C.
886 2 28612597
Scénario et mise en scène : Sun Li-tsuei
Interprètes : Sun Li-tsuei, Lee Tsz-kin, Siki Sufen, Liang Yu-ping
Musiciens : Hong Pei-jing, Lu Min-hung
Masques et accessoires : Grant Bailey
Costumes : Nicole Lamarche
Lumières : Lei Jo-hao
Le Funambule • 16/18, rue Joseph Vernet • Avignon
Réservations : 04 90 14 69 29
Du 6 au 28 juillet 2007 à 16 h 30
Durée : 1 h 10
13 € | 10 €
« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux “Trois Coups” ! Amicalement. » Gilles Costaz, critique dramatique à “Paris-Match”, “les Échos”, “Politis”, “le Magazine littéraire”, “l’Avant-scène Théâtre”…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez le théâtre et vous savez faire partager votre passion… » Marie-Céline Nivière et Dimitri Denorme, “Pariscope”, rubrique « Théâtre »
« “Les Trois Coups”, c’est une pépinière de critiques. Ils sont acteurs, étudiants […], tous raides amoureux de théâtre. Une quarantaine à aller au théâtre et à écrire sur les spectacles. » Jean-Pierre Thibaudat, “Rue 89”, blog “Balagan”
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