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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 02:27

Michel Hermon, un interprète généreux

 

À l’hôtel de la Mirande, « Musiques en festivals » programme depuis quatre ans chanteurs de cabarets, musiciens poètes et autres coups de cœur vus à Paris ou en province. Parmi les artistes invités, un habitué, Michel Hermon, un interprète d’une intensité rare.

 

hermon-web.jpgPeut-être son nom vous est-il inconnu ; peut-être comme moi, avez-vous lu sur Dietrich hôtel (son précédent spectacle) un article élogieux dans un grand quotidien sans que, jusqu’à ce soir, votre curiosité ne vous ait entraîné dans les caves de cet hôtel de luxe, à l’ombre du palais des Papes.

 

Quel choc ! Michel Hermon, élégant, grand et svelte, jeune senior, vous plonge en quelques notes, en quelques vers dans l’antre des poètes : avec Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, et quelques textes du grand Léo, il prend possession de l’espace, emplit les voûtes de ce lieu séculaire de sa splendide voix, et fige les spectateurs ébahis.

 

J’avais été bouleversé, il y a dix-neuf ou vingt étés aujourd’hui, en écoutant celui qui accompagne à jamais dans nos mémoires ces poètes, Léo Ferré, compositeur de ces mélodies inoubliables. Je ne pensais pas, non qu’il ne pût être imité, mais qu’un interprète puisse nous restituer des émotions si profondes. Nous sommes entraînés dans l’univers sombre de cette mélancolie, « un désespoir qu’a pas les moyens », juste au bord des abîmes de l’âme, avant que l’artiste ne s’en échappe par une pirouette d’acteur.

 

Car c’est aussi un comédien, Michel Hermon, et cela se ressent, tant il sait nuancer sa puissante voix, tant il sait, d’un regard, nous emmener ailleurs, tant il mesure d’un geste l’attention du public, tant il frappe fort nos cœurs tout chavirés et « Triste, triste était mon âme »…

 

Que d’émotions partagées, de larmes suspendues, de regards brillants à la fin du spectacle ! Ma voisine m’a confié qu’elle suivait Michel Hermon chaque année et que, ainsi, elle se ressourçait en pénétrant dans son univers fascinant. Je l’ai compris, moi qui ai écouté ému, ce remarquable interprète sur la route de ces Compagnons d’enfer. Bravo Michel Hermon ! Et bravo aussi au jeune pianiste, Christophe Brillaud, qui a su avec finesse vous accompagner.

 

J’ai annulé ma réservation pour le spectacle qui suivait. J’ai voulu prendre le temps de respirer, de savourer le plaisir de la découverte d’un authentique talent. En rentrant chez moi, je murmurais Spleen et cela faisait… Je ne m’y risque pas, allez plutôt entendre et voir Michel Hermon, c’est un grand monsieur de la chanson française. 

 

Jean-Claude Delalondre

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Création saison 2006/2007

Compagnons d’enfer, de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Léo Ferré

Musiques en festivals • 64, rue Lamarck • 75018 Paris

06 27 28 31 61

festivalmusic@free.fr

www.sous-sol-music.com

Avec : Michel Hermon, accompagné de Christophe Brillaud

Musique : Léo Ferré

Hôtel La Mirande • 4, place de la Mirande • Avignon

Réservations : 06 27 28 31 61

Du 11 au 24 juillet 2007 à 20 heures

Durée : 1 h 15

15 € | 10 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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